COP21 Toulouse : La voiture électrique, solution incontournable au réchauffement climatique?

Julien Courdesses

Julien Courdesses
"L'électrique est la solution." Julien Cotteverte est clair : les transports ont leur part de responsabilité dans les enjeux liés au changement climatique. Pour le coordonnateur de Renault-France pour les véhicules zéro émission, la solution passe par le développement du marché de l'électrique. Et à ce jeu Renault est en bonne position :"Nous sommes désormais incontournables car sur les 55 000 véhicules électriques de France, 35 000 sont produits par Renault", précise Julien Cotteverte. Un chiffre en progression constante chaque année, notamment grâce à la mise en place par l'État d'un superbonus accordé au acheteurs de voitures peu polluantes.
Mais dans les faits, le moteur électrique est encore loin de supplanter l'essence ou le diesel. Lors de la table ronde, les participants ont identifié deux soucis majeurs. Tout d'abord, le coût.
L'autre frein à l'achat relève d'un aspect pratique. En effet, beaucoup d'automobilistes hésitent à basculer dans l'électrique par crainte de ne pas trouver une borne de recharge au moment où ils en auront besoin.
En d'autres termes, il s'agit de rouler sans avoir peur de tomber en panne.
Le représentant de Renault poursuit : "Aujourd'hui nous savons faire beaucoup de choses mais la vraie question est de savoir combien ça coûte. Le véhicule électrique qui possède une autonomie de 300km ça existe, mais il est produit par Tesla et il coûte 80 000 euros."
Pour Olivier Colas, directeur du développement de Blue Solutions au sein du groupe Bolloré, le marché du véhicule électrique ne pourra se développer qu'à condition que la France soit entièrement couverte par un réseau de bornes de rechargement. Un plan très ambitieux auquel travaille actuellement le groupe Bolloré. Objectif : développer un réseau de 16 000 points de charge d'ici à 2019. Dont la moitié d'ici à fin 2016.
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D'après Olivier Colas, le marché de l'électromobilité existe bel et bien. "Pour le moment ce modèle économique n'est pas simple. Mais quand nous avons lancé l'auto-partage, le résultat s'est avéré plus rentable que prévu. Installons les bornes, et les résultats viendront."
Un point de vue complété par Julien Cotteverte :
Mais tous les professionnels des transports ne peuvent pas espérer une transition immédiate vers le tout électrique. Parmi les invités de la table ronde, Vincent Lemaire, président de Safra, entreprise spécialisée dans la carrosserie automobile et industrielle, s'est chargé de nuancer le débat. Selon lui la technologie actuelle ne permet pas de créer des véhicules de transport publics fonctionnant au tout électrique. Exemple pour un bus :
Ainsi, Safra propose Businova, un bus hybride destiné à évoluer vers le 100 % électrique lorsque la technologie aura évolué. "Notre base mécanique le permet" ajoute le dirigeant. Lancé en février 2015, cette nouvelle gamme dispose d'une autonomie de 20 0km par jour. Quatre de ces véhicules circulent actuellement en France.
De son côté Valérie Jimenez, présidente de l'entreprise de transport routier Jimenez FVA, expose ses difficultés à passer sa flotte au tout électrique ;
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Enfin, pour Philippe Guyard, directeur de la stratégie du groupe Actia, la transition vers le tout électrique ne pourra se faire qu'à condition de modifier notre manière de concevoir les progrès techniques.
Julien Courdesses