Industrie du futur : que doivent changer les entreprises de l'aéronautique ?

Alexandre Léoty

trophées aero espace cobalt
Rémi Benoit

Alexandre Léoty

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Rémi Benoit
"Au moment où nous parlons de l'usine du futur, il ne faut pas oublier que la force de notre filière aéronautique est avant tout celle des hommes et des femmes qui l'animent au quotidien." C'est par ces mots que Christian Cornille, vice-président d'Airbus Helicopters, a lancé hier 19 novembre la 3e édition des Trophées de l'Aéronautique. Cet événement, organisé par La Tribune-Objectif News en partenariat avec La Tribune et La Tribune-Objectif Aquitaine, et sous le parrainage de Toulouse Business School, a rassemblé plus de 400 décideurs à l'Espace Cobalt, à Toulouse.
L'espace Cobalt à Toulouse ©Photo Rémi Benoit
Grand témoin de la soirée, Christian Cornille a appelé l'ensemble des membres de la filière, et en particulier les représentants de la supply chain, à initier deux grandes transformations.
Autre transformation à opérer, selon le vice-président d'Airbus Helicopters : la digitalisation des unités de production.
Pour l'industriel, ces deux grands chantiers doivent absolument être menés de front. "Notre industrie a une chance inouïe, avec des carnets de commande remplis pour les années à venir, estime-t-il. Nous avons tout le temps devant nous. Sachons l'utiliser pour opérer cette révolution absolument indispensable !"
Cette révolution a justement été au cœur des débats lors de la soirée, qui a débuté avec une table ronde sur le thème : "Industrie du futur, robotisation, fabrication additive, entreprise libérée : les nouveaux défis de l'aéronautique".
Tahar Melliti est ainsi revenu sur l'association qu'il dirige depuis cet été, l'Alliance pour l'Industrie du futur.
Autre enjeu : la digitalisation. "La France a manqué le train de la robotisation, regrette-t-il. Nous devons aller bien au-delà, en misant sur la digitalisation des outils productifs." Pour Tahar Melitti, l'industrie du futur n'existe pas en soi.
Un appel entendu par Nicolas Bonleux, directeur général de Liebherr Aerospace & Transportation, qui a justement initié une démarche de type "industrie du futur" depuis plusieurs années.
Sa vision de l'usine du futur ? "Elle est à la fois plus numérique, plus connectée et plus 'libérée', avec une approche novatrice, participative, du pilotage de la qualité".
De son côté, Corinne d'Agrain, présidente du directoire d'Irdi Gestion, entend accompagner les industriels dans leur processus d'innovation.
Autre point de vue, celui de Gilbert Casamatta, président de l'IRT Saint-Exupéry, qui développe actuellement une plateforme technologique mutualisée sur la fabrication additive.
Même si, l'homme le concède, concernant cette technologie, des questions restent encore en suspens : "Les pièces fabriquées seront-elles durables dans le temps ? Seront-elles plus vulnérables à la copie ? Feront-elles face à des problématiques de certification ?"
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Jérémie Pedros, directeur de la société Actemium Toulouse Robotique & Automation, a évoqué quant à lui les enjeux liés à la robotique, notamment dans l'aéronautique. Avec une idée centrale : "replacer l'Homme au cœur de l'usine". Pour le dirigeant de cette filiale de Vinci Énergies, "on a parfois tendance à opposer l'homme et la machine. C'est une erreur. L'un des enjeux de l'industrie 4.0 est justement de replacer l'Homme au centre de la prise de décision. On peut très vite faire le raccourci du robot qui détruit l'emploi. Mais la réalité est beaucoup plus vertueuse. La robotisation rend notre industrie plus productive. Elle permet d'aborder les process et la maîtrise des outils de production dans une dynamique de maturité industrielle".
Un avis partagé par Martin Malvy, président du conseil régional de Midi-Pyrénées : "Je suis frappé par le retard que notre pays a pris en matière de robotisation". Et d'ajouter : "C'est ne pas robotiser qui a tué l'emploi !".
La soirée a par ailleurs été l'occasion de distinguer sept entreprises de la supply chain aéronautique française.
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Retrouvez ici le diaporama de cette soirée !
Alexandre Léoty