Sogeclair Aerospace mise sur l'impression 3D pour se démarquer de la concurrence

Gael Cérez
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Que représente pour vous l'impression 3D ?
C'est une rupture technologique. Ce procédé permet de fabriquer des pièces par ajout de matière en empilant des couches successives, à l'opposé de la fabrication classique par enlèvement de matière. Cette technologie est encore confidentielle dans le domaine de l'aéronautique et du spatial, mais elle pourrait devenir une technologie majeure à l'avenir quand les verrous technologiques seront levés. Il est important d'être au début de l'histoire.
Quand avez commencé à vous y intéresser ?
En 2011, au travers de projets collaboratifs comme le projet ALMIA qui avait été lancé avec le Conseil régional de Midi-Pyrénées et Aerospace Valley entre autres. Ce projet consistait en une étude de marché de la technologie avec des cas d'applications concrets.
Pourquoi vous lancer dans l'impression 3D ?
Dans notre secteur, les temps d'industrialisation constituent un paramètre non négligeable dans les délais. Sur certains produits, l'impression 3D permet de passer de 6 mois d'industrialisation en procédé classique à deux semaines. Aujourd'hui, par exemple, pour un sous-ensemble aéronautique qui demande l'assemblage de plusieurs pièces entre elles, il faut concevoir les pièces en question et l'outillage nécessaire à leur assemblage. Demain, cette phase d'industrialisation disparaîtra en grande partie grâce à l'impression 3D. Cette technologie permet aussi de réduire la masse des produits, ce qui est un atout très important dans l'aéronautique. Enfin, l'impression 3D permet une flexibilité et une réactivité par rapport au besoin client.
Quels sont les freins actuels au développement de l'impression 3D industrielle ?
Le premier est d'ordre technologique. Les poudres de matière utilisées (métallique ou plastique) ne sont pas qualifiées par les autorités pour les pièces de classe 1 et 2. Pour ces dernières, les donneurs d'ordre, en étroite collaboration avec les producteurs de poudres, sont en train de mettre en œuvre les qualifications nécessaires mais, pour les pièces de classe 1, dont la perte est jugée catastrophique, cela n'arrivera pas avant longtemps. Actuellement, seules des pièces de classe 3 sont fabriquées par impression 3D pour des usages industriels de type support de caméra embarquée par exemple.
Gael Cérez