LA TRIBUNE AFRIQUE - L'Europe et l'Afrique connaissent, chacune, un contexte économique et géostratégique plus ou moins tendu récemment (crises, défis économiques...). Alors que la BEI contribue à pérenniser le lien entre nos deux continents, quelle orientation donner à la coopération bilatérale dans un monde en mutation ?
AMBROISE FAYOLLE - Le partenariat Europe-Afrique fondé sur des valeurs et des intérêts communs, est une priorité pour la Commission européenne et la BEI. Les réalités d'aujourd'hui rendent cette coopération d'autant plus importante. Et le réchauffement climatique montre surtout à quel point nos deux continents sont interdépendants et pourquoi il est si important à la fois de saisir les opportunités partagées et de relever les défis communs pour soutenir une transition verte, juste et innovante tout en atténuant les effets du changement climatique sur le continent africain. D'où l'importance de développer de nouveaux partenariats et des initiatives plus audacieuses en matière d'action climatique et de durabilité environnementale.
En 2024 justement, la BEI a financé des projets en Afrique d'un total de 3,1 milliards d'euros, contre 8,44 milliards en 2023. L'Afrique est-elle toujours la première bénéficiaire du financement de la BEI hors UE ?
L'Afrique est en effet le premier bénéficiaire des investissements de la BEI hors Union européenne en 2024. Mais au-delà des chiffres, avec BEI Monde, notre branche dédiée à notre activité hors UE, et avec nos partenaires dans le cadre de l'Equipe Europe, notre priorité est surtout de financer des projets à fort impact pour la relance économique, l'emploi et la qualité de vie des populations. En 2024, par exemple, nous sommes intervenus pour l'amélioration de l'accès à l'énergie, hors réseau au Bénin et pour des réseaux énergétiques au Cap-Vert, et également pour la connexion des écoles et hôpitaux à l'énergie solaire en Gambie. Dans le domaine de l'agriculture, nous avons soutenu des projets visant à renforcer les chaînes de valeur agricoles en Côte d'Ivoire et au Sénégal, dans le cadre d'un partenariat avec des institutions financières locales (tels que COFINA et la Banque Agricole) pour soutenir les coopératives agricoles, et soutenir le développement durable du secteur. En ce qui concerne la santé, nous avons investi dans la production de vaccins en Afrique et dans l'amélioration de l'accès à l'électricité pour les établissements de santé surtout en milieu rural.