« Au-delà des chiffres, notre investissement sur le continent n'a pas changé » (Papa Amadou Sarr, AFD)
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
LA TRIBUNE AFRIQUE - Le monde est en pleine turbulence avec diverses crises. Les Américains lèvent le pied financier en Afrique, tandis que l'AFD a réduit sa mise au niveau international. Est-ce une résultante de la conjoncture qui prévaut actuellement ?
PAPA AMADOU SARR - Tout d'abord, l'Afrique reste une priorité pour le groupe AFD, avec 6 milliards d'euros de financement en 2024, tous secteurs confondus, soit une hausse de 8% par rapport à 2023. Par ailleurs, deux facteurs expliquent les orientations auxquelles vous faites référence. Le principal, c'est qu'il y a de plus en plus de poussées nationalistes dans la plupart des pays occidentaux où on assiste à l'arrivée au pouvoir de partis populistes ou d'extrême droite qui se posent des questions sur la réalité ou l'impact de l'aide au développement. Même en Afrique, des voix s'élèvent en disant que ces pays n'ont pas besoin d'aide, mais plutôt d'investissement. Le deuxième facteur qui est aussi important, c'est qu'aujourd'hui, les pays en développement eux-mêmes essayent de diversifier leurs ressources et leurs partenariats.
Avant, il y avait l'Europe, les Etats-Unis. Maintenant, il y a la Chine ou plus globalement les pays asiatiques, mais aussi la Turquie, sans parler des pays du Golfe qui deviennent des acteurs de plus en plus importants du financement du développement. Il faut compter sur tous ces acteurs. Avec nos propres ressources, nous [l'AFD, ndlr] sommes certes à 50% de nos 12 milliards d'euros d'engagements en 2025, contre 13 milliards en 2024. Mais au-delà des chiffres, notre investissement sur le continent n'a pas changé. Au contraire. Avec les cofinancements que nous réalisons aux côtés de nos partenaires (la Banque mondiale, la BAD et les fondations...), nous allons pouvoir faire d'importantes mises cette année.
La nécessité pour le continent africain de mobiliser davantage ses ressources domestiques pour financer son développement domine les débats récemment. Comment abordez-vous le sujet au sein de l'AFD ?