Petite, elle trompe l’ennui en se racontant des histoires. Adolescente, elle fait de sa chevelure rousse un étendard pour désamorcer les moqueries. Jeune femme, elle découvre qu’une robe, une paire de talons et un trait d’eye-liner peuvent suffire à fabriquer une assurance de façade. Actrice enfin, elle trouve dans le jeu un exutoire, avant que le succès phénoménal de HPI ne lui apporte cette confiance qu’elle cherchait ailleurs. Dans Les Parfaits, Audrey Fleurot incarne une mère de famille arnaqueuse qui change d’identité au gré des circonstances. Une allégorie presque parfaite de son parcours. Derrière la comédienne adulée se dessine le portrait d’une enfant solitaire qui a appris très tôt à composer avec le regard des autres. Et qui, aujourd’hui, semble enfin réconciliée avec elle-même.
LA TRIBUNE DIMANCHE – François Truffaut disait : « Le cinéma est une amélioration de la vie parce qu’il est extraordinaire. » Vous êtes d’accord ?
AUDREY FLEUROT – Totalement. D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours inventé des vies. Jouer des personnages est extrêmement confortable pour moi, car je me sens plus à l’aise sur un plateau de tournage que dans la réalité. Le métier d’actrice m’offre un exutoire extraordinaire : la possibilité de m’inventer une vie, puis une autre, et encore une autre. Je me demande souvent comment font les gens qui n’ont pas cette échappatoire.