Le Brésil exporte au Kenya son savoir-faire dans les biocarburants

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Dans le cadre d'un accord de coopération, Brasilia va aider Nairobi à construire une filière de production et à acquérir un début de souveraineté énergétique.

Géant mondial de la production agricole, et surtout, précurseur dans le domaine des biocarburants avec 52 % de la production mondiale de bioéthanol, le Brésil a bien l'intention de capitaliser sur cette richesse. Au-delà des pays développés, vers lesquels l'agri-business brésilien exporte déjà des matières premières et de l'éthanol, le Brésil met le cap sur l'Afrique.

Depuis l'arrivée de Lula en 2003, les échanges entre le Brésil et l'Afrique ont triplé, passant de 6,15 milliards de dollars à 17,15 milliards de dollars fin 2009. Lors d'un récent voyage officiel au Kenya, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a noué un accord de coopération avec ce pays, s'engageant à lui fournir infrastructures et savoir-faire nécessaires à la production de ses premiers litres de biocarburant. Une façon, pour cet État d'Afrique de l'Est, de tenter de s'affranchir de sa dépendance à l'or noir. « Nous souhaitons améliorer notre gestion du secteur de l'énergie », a expliqué Mwai Kibaki, le président kenyan. Conscient de la « dette historique » du Brésil ? ancien importateur d'esclaves ? envers l'Afrique, Lula a de son côté souhaité à cette occasion que le Brésil soit « uni pour le futur » au Continent noir.

Des emplois en Afrique

Le Brésil a même un avantage sur la Chine, investisseur de premier rang dans la région. « Alors que Pékin importe sa propre main-d'oeuvre, le Brésil veut vraiment associer les Africains à cette nouvelle économie », relève Daniel Van Eeuwen, ­directeur du Centre de recherches sur l'Amérique latine et les Caraïbes (CREALC) à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-­Provence. « C'est aussi une question d'image pour le Kenya, rappelle de son côté Nicolas Imbert, consultant en stratégie et développement durable. Développer des biocarburants, c'est devenir acteur du développement durable aux yeux de la communauté internationale ».

Cependant, si cette technologie, créatrice d'emplois et réputée peu coûteuse, présente des atouts, elle peut également induire des effets secondaires. « Il est toujours préférable de faire une étude des enjeux et des risques associés aux biocarburants », prévient ainsi Nicolas Imbert. Or, cela n'a pas plus été fait pour le Kenya que pour d'autres pays... Pourtant, les risques de tensions sont nombreux : inflation des prix alimentaires face à la demande accrue de produits de base servant à la production de biocarburants?; déforestation due à la conversion de terres à la production de maïs ou de canne à sucre, entrant dans la confection de ces produits, ou encore augmentation des gaz à effet de serre liée à une production agricole accrue. Bref, cette énergie « verte » n'est pas la panacée et le Brésil est régulièrement pointé du doigt en raison de la déforestation de l'Amazonie.

 

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