Biodiversité : les entreprises veulent être associées aux décisions

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(Crédits : REUTERS)
La conférence de Nagoya a insisté sur les interactions entre entreprises et nature.

Pour sa dixième édition, la Conférence internationale sur la biodiversité de l'ONU, achevée vendredi à Nagoya, au Japon, a largement ouvert ses tribunes aux entreprises. Pas un jour sans un événement consacré au rôle de la finance ou à l'économie de la biodiversité. Pour certains, comme le WBCSD, Conseil mondial des entreprises pour le développement durable, auteur avec PwC d'un des nombreux rapports rendus publics lors de ces 10 jours, il était temps. Associer les entreprises aux décisions sur la biodiversité serait la condition sine qua non, selon les auteurs, pour exploiter au mieux le rôle qu'elles peuvent jouer en matière de conservation de la nature. Accusées d'être les premières responsables de la dégradation continue observée depuis trente ans, elles ne sont que 9 % à intégrer le sujet à leur politique de développement durable. Mais nombre de multinationales estiment constituer aussi une partie significative de la solution.

Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) a publié à Nagoya des premières tentatives de chiffrage de la biodiversité. Le rapport TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) présente ainsi les travaux menés par l'économiste indien Pavan Sukhdev pour évaluer la valeur des services rendus par la nature (23.500 milliards de dollars, dont dépendrait directement 40 % de l'économie mondiale) et, sur le principe du rapport Stern de 2006, le coût de l'inaction et d'une poursuite de la dégradation constatée : 7 % de la richesse mondiale en 2050.

Inciter à la vertu

Le WBCSD va plus loin en prônant l'élaboration de mécanismes de marché semblables à ceux existent pour les émissions de CO2, et même d'une comptabilité verte, à l'échelle à la fois micro et macroéconomique. Cette proposition veut inciter les entreprises à la vertu, et permettre à leurs parties prenantes (consommateurs, investisseurs, ONG, marchés financiers, etc.) de distinguer les bons des mauvais élèves.

Si elle fait l'objet de multiples travaux, la financiarisation de la nature est un sujet qui fait débat. Difficile de fixer un prix universel pour une « tonne de biodiversité ». La France semble d'ailleurs réticente à la création de « quotas biodiversité ». Pourtant, il semble nécessaire de s'accorder sur une unité de mesure pour mettre en place des opérations de compensation comme celle de la Caisse des dépôts, qui, en 2009, a acquis et sanctuarisé 357 hectares dans la plaine de Crau (Bouches-du-Rhône), offrant aux entreprises qui détruisent de la biodiversité ailleurs, de financer ici sa conservation.

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