Enel Green Power peine à séduire pour son entrée en Bourse

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Les énergies renouvelables sont-elles mal aimées des marchés ?

Le paradoxe était flagrant. Tandis que le titre Coal India, premier groupe charbonnier au monde, prenait 40 % dès sa première cotation jeudi à la Bourse de Bombay (voir page 15), la filiale de l'énergéticien italien Enel Green Power (EGP), introduite à Milan et Madrid à un prix révisé à la baisse, perdait d'entrée de 3 % à 5 %. À la clôture, le titre avit regagné son cours d'introduction de 1,60 euro. Cette introduction, la plus importante en Europe depuis celle d'Iberdrola en décembre 2007, préfigure-t-elle le sort réservé en bourse aux énergies renouvelables ?

Faiblesses du dossier

On est loin de l'euphorie qui prévalait lors des introductions d'EDF EN ou Iberdrola Renovables en 2007, qui ont depuis perdu respectivement 40 % et 53 % en 3 ans. Pour Nicolas Rochon, responsable énergies renouvelables chez Taylor-Dejongh : « Les problèmes liés à la réglementation et au financement des énergies renouvelables, toujours non résolus, expliquent la frilosité des marchés. » Olivier Ken, analyste Environnement à la Financière de Champlain, reconnaît lui aussi « un environnement général difficile pour le secteur ». Mais le dossier présente également des faiblesses, notamment une décote de 10 % jugée insuffisante par rapport aux comparables - le leader mondial espagnol Iberdrola Renovables ou le portugais EDP Renováveis, qui disposent de bases installées et de pipelines de projets plus importants -, ou une exposition au risque de réglementation liée à la concentration de son activité en Italie (72 % de son Ebitda), l'un des pays qui paie encore le plus cher ses énergies renouvelables.

Pour Nicolas Rochon, « c'est justement le moment d'investir, avec un horizon de trois à cinq ans. Lorsque les prix des énergies fossiles repartiront à la hausse, il y aura un phénomène de rattrapage. Et même si les Etats annulaient toutes leurs subventions, ils ne le feraient pas de façon rétroactive. » De son côté, Olivier Ken rappelle que « si la perspective d'une energy bill fédérale s'éloigne, 35 états américains ont des objectifs à 2020. Nous prévoyons un trend de croissance de + 10 % à + 15 % annuel pour les dix prochaines années. »

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