Reach : les industriels disent avoir passé avec succès la première étape

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Les substances produites à plus de 1.000 tonnes par an doivent être enregistrées avant le 1er décembre. Mais la réalité reste inférieure aux estimations.

Rassurée. C'est ainsi qu'apparaît l'Union des industries chimiques (UIC, le syndicat patronal du secteur) à moins de deux semaines de la fin de la première étape du règlement Reach. D'ici au 30 novembre, tous les industriels utilisant des substances chimiques produites ou importées dans l'Union européenne à plus de 1.000 tonnes par an devront les avoir enregistrées dans le cadre de la réglementation européenne Reach, destinée à évaluer la dangerosité des substances chimiques. Les substances dites « hautement préoccupantes » - cancérigènes notamment - sont aussi concernées. « Cette première étape, qui concernait les plus gros tonnages, a impliqué essentiellement les grandes entreprises, mieux préparées à Reach », se félicite Jean Pelin, le directeur général de l'UIC. Principaux industriels touchés : les leaders de la chimie mais aussi de la pharmacie, des cosmétiques, de la peinture ou de l'aéronautique.

Selon l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), 4.768 substances devraient avoir été enregistrées fin novembre en Europe. Ce jeudi, 2.472 d'entre elles l'avaient déjà été. « Ces chiffres sont substantiellement inférieurs aux prévisions initiales [9.200 produits, Ndlr]. J'espère que certains industriels n'ont pas décidé d'aller produire hors d'Europe », s'inquiète toutefois Jean Pelin, qui souligne que « le coût d'enregistrement pour une substance à plus de 1.000 tonnes varie de 100.000 à 2 millions d'euros ».

Deux échéances à venir

Du côté des deux grands chimistes français, Arkema et Rhodia, on assure qu'il n'en est rien. Le premier a enregistré environ 140 substances, soit un tiers du total concerné par Reach. « Il s'agit de nos grands produits de chimie industrielle : monomères acryliques, hydrogène sulfuré... et de substances cancérigènes comme le chlorure de vinyle », détaille Jean Morch, directeur sécurité et environnement chez Arkema. Le coût total sera de 60 millions d'euros sur les douze années (2007-2018) concernées par la réglementation, soit « 5 à 8 millions par an ». Chez Rhodia, seules 74 substances, soit 10 % des produits Reach, ont fait l'objet d'un enregistrement cette année, pour un coût de 12 millions d'euros. « En tant que chimiste de spécialités, nous avons peu de gros tonnages », justifie Jean-Luc Ponchon, responsable du projet Reach.

Reste à aborder les deux prochaines échéances : l'enregistrement, d'ici à juin 2013, des substances produites entre 100 et 1.000 tonnes, puis, avant juin 2018, de celles de moins de 100 tonnes. Ces étapes impliqueront davantage les PME, souvent handicapées par la complexité du règlement, mais qui représentent plus de 80 % de l'industrie chimique hexagonale.

Quant à l'UIC, elle compte demander aux pouvoirs publics (ministère de l'Industrie ou de l'Environnement) au début de l'an prochain une étude sur l'impact économique de Reach. En effet, une révision du règlement est prévue en 2012, notamment pour inclure, à la demande des ONG, les nanomatériaux. Les industriels risquent donc de voir la facture grimper encore.

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