Puma rend des comptes à l'environnement

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Copyright Reuters (Crédits : Ralf Roedel)
Dans le cadre d'une politique ambitieuse en matière de développement durable, la marque du groupe PPR a dévoilé lundi son premier compte d'exploitation environnemental.

C'est la toute première pierre de la nouvelle politique de développement durable du groupe PPR, annoncée par François-Henri Pinault il y a quelques semaines (« La Tribune » du 22 mars) et portée par Jochen Zeitz, en charge de la politique de développement durable pour le groupe. D'après le président de la marque d'articles de sport Puma, c'est surtout la première fois qu'une entreprise présente un véritable compte de résultat environnemental. « Nous mesurerons nos émissions de gaz à effet de serre depuis plus de 5 ans, mais c'est en décembre 2009 que l'idée d'y attribuer une valeur est née ». Depuis, Puma a travaillé avec le cabinet d'audit PWC et le spécialiste britannique du carbone Trucost, notamment pour calculer un coût social global du carbone (qui s'établit à 66 euros la tonne alors que le cours plafonne à 17 euros) et mettre au point une méthodologie concernant l'usage de l'eau. Dans le cadre de cette première phase dédiée à l'environnement, Puma prévoit d'ici à fin 2011 d'intégrer également les impacts de produits réputés nocifs pour l'environnement et des changements d'affectation des sols.

Chasse au gaspillage

La méthodologie Trucost, fondée sur les intensités carbone moyennes (la quantité de carbone émise pour produire une unité) de près de 500 segments économiques et 700 ressources naturelles, a été utilisée pour calculer les impacts des fournisseurs, des plus proches (fournisseurs directs) aux plus éloignés, (producteurs de cuir ou de coton, dits de rang 4). « Ce qui m'a le plus étonné, c'est que 89 % de la consommation totale d'eau et 52 % des émissions de CO2 soient imputables aux fournisseurs de rang 3 et 4 », reconnaît Jochen Zeitz. L'objectif affiché étant de localiser les pics de consommation d'eau ou d'émissions de CO2 pour les atténuer, ce résultat représente une véritable gageure. Plus le fournisseur est éloigné, plus il est en effet difficile d'influencer ses pratiques ; et dans tous les cas, le coton reste un gouffre en eau, même si le coton biologique est moins gourmand.

Mais « ces résultats vont nous permettre de localiser nos approvisionnements là où les dégâts sont les moins importants », affirme Jochen Zeitz. « En raison de certaines subventions, les prix du marché ne reflètent pas toujours la réalité écologique », insiste Richard Mattison, patron de Trucost, qui souligne l'intérêt d'attribuer une valeur monétaire à ces impacts. Cette approche doit aussi permettre aux parties prenantes de suivre dans le temps les progrès de l'entreprise, qui s'engage à réduire ses émissions de CO2, ses déchets, ses consommations d'énergie et d'eau, de 25 % d'ici à 2015. « Nous partagerons cette expérience au sein de PPR, affirme Jochen Zeitz. Mais c'est seulement après sa mise en oeuvre complète fin 2013, que nous pourrons identifier les marques qui pourraient l'adopter en priorité. Car Puma prévoit aussi l'intégration des impacts sociaux et économiques, y compris des impacts positifs en termes d'emplois ou de salaires.

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