EADS et Peugeot testent les carburants à base de micro algues

 |   |  433  mots
Copyright Reuters
Ces essais que vont réaliser les deux constructeurs cherchent à déterminer si ce carburant biologique est compatible avec les moteurs. Ce nouveau produit ne sera pas commercialisé avant une dizaine d'années.

Encore balbutiante, l'utilisation des micro algues dans l'industrie présente un énorme potentiel tant en matière de production de bioénergies et d'aliments que de valorisation des déchets. Cette ressource marine qui se cultive dans l'eau de mer présente de nombreux avantages dont celui de se nourrir de déchets industriels tels que des émissions de CO2 ou des boues, voire des eaux usées, pour se développer.

Sous l'effet de la photosynthèse, les micro algues produisent une biomasse dont les extraits d'huiles, de protéines et autres molécules peuvent être utilisées comme carburant, complément alimentaire pour l'homme et l'animal, ou encore comme cosmétique grâce à ses effets antioxydants. En matière de biocarburant, l'attente est forte puisque l'ambition est d'arriver à produire un litre de carburant à 1 euro.

C'est tout l'objet d'un projet qu'Alpha Biotech, une société d'Assérac (Loire-Atlantique) spécialisée dans la culture et la valorisation de micro algues, mène depuis un an avec Peugeot, EADS et l'Inria (*).

La course au rendement

« Tout l'enjeu va consister à produire des micro algues à grande échelle, explique Olivier Lépine, directeur d'Alpha Biotech (500.000 euros de chiffre d'affaires en 2010, six salariés), ce qui n'est pas encore aujourd'hui économiquement rentable. » L'idée est d'implanter des unités de production de micro algues à proximité d'usines, de manière à récupérer et valoriser leurs déchets. Alpha Biotech a d'ailleurs créé en 2008 avec le Gepea (le laboratoire de Génie des procédés, environnement et agroalimentaire basé à Saint-Nazaire), Algosource Technologies, le premier bureau d'études spécialisé dans l'ingénierie de telles installations. Alpha Biotech se donne cinq ans pour réduire de moitié le coût de production de la biomasse qui s'élève à 10 euros le kilogramme actuellement et dix ans pour le diviser par dix. Parallèlement, il s'agira d'augmenter le rendement de la biomasse en portant le volume de matières extraites (huile, protéines, etc.) de 20 % actuellement à 50 %.

Les deux constructeurs commencent tout juste à recevoir les premiers échantillons qui vont leur permettre de « caractériser » ce carburant issu de ressources marines tant par rapport à leurs moteurs existants que sur la nouvelle génération de moteurs. « Toute la difficulté va consister à déterminer les rendements de ce biocarburant et son bilan environnemental sur lequel travaille l'Inria », poursuit Olivier Lépine. Ces travaux, ainsi que les enjeux économiques et scientifiques de l'ensemble des ressources marines seront évoqués lors de la Biomarine Business Convention qui aura lieu à Nantes et Saint-Nazaire les 7, 8 et 9 septembre.

 

(*) Institut national de recherche en informatique et en automatique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 07/06/2011 à 10:57 :
J'ai cassé deux soupapes de mon moteur de voiture grâce au SP 95 E10 (comme 10% de carburant "écolo"). Depuis, je reste au SP98.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :