Un marché encore en croissance

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(Crédits : zen architects)
Les maisons durables représenteraient 10 % des projets de constructions résidentielles en Australie.

« Le marché est à l'abri de la récession. » Judy Celmins peut en témoigner, le nombre de maisons inscrites à l'opération Sustainable House Day, qu'elle organise, n'a jamais été aussi élevé que pour cette édition 2009. Cent quatre-vingts maisons durables ont ouvert leurs portes aux curieux pour les inciter à leur tour à franchir le pas. « C'est un peu une initiation pour aider les gens à prendre conscience de ce qu'ils peuvent faire au quotidien », reprend Judy Culmins. Elles seraient entre 300 et plusieurs milliers en Australie. « Cela dépend de ce que l'on entend par maison durable », précise un des architectes du cabinet spécialisé Zen, à Melbourne. Les chiffres sont tout aussi flous que la définition, même si une étude de la Housing Industry Association estime que « le segment durable représente aujourd'hui 10 % des projets de constructions résidentielles recensés dans le pays ». Soit déjà plusieurs milliards de dollars chaque année.

Le mouvement semble avoir été enclenché par les particuliers. Depuis la signature de Kyoto fin 2007, les Australiens veulent se laver de leur image de pollueurs. Et ils commencent le ménage chez eux, l'habitat contribuant pour 11 % aux volumes de gaz à effet de serre rejetés par l'Australie. « La moitié des clients qui sollicitent un architecte le font aujourd'hui pour limiter l'empreinte écologique de leur maison », observe-t-on chez Zen. Même à la marge, cet intérêt grandissant des ménages pour l'environnement interpelle les professionnels de l'immobilier. « C'est vrai que derrière les logiques marketing, ils font un vrai effort pour s'adapter au phénomène », constate un fournisseur de matériaux recyclables à Brisbane.

« Cela permettra peut-être de faire baisser les prix », espère Judy Celmins, qui regrette « le manque d'aides du gouvernement pour encourager ceux qui veulent s'équiper ». Les pouvoirs publics distribuent en effet les subventions au compte-gouttes. Malgré le succès de la prime à l'isolation de 1.200 dollars australiens (750 euros), qui a permis d'équiper près de 750.000 foyers à travers le pays, le gouvernement fédéral a décidé en juin d'arrêter de subventionner, à hauteur de 1.600 dollars (1.000 euros), l'achat de fournitures solaires. « Canberra veut intégrer cela dans son futur système de quotas d'émissions. Résultat, personne ne s'y retrouve », s'agace Simon Troman de l'Association australienne pour l'énergie solaire. Depuis, les ventes de panneaux sont en chute libre.

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