DCNS mise sur les énergies marines pour croître

Le groupe naval projette de créer une filière industrielle qui, en 2020, pourrait employer en France de 30.000 à 50.000 personnes.
(Crédits : DCNS)

DCNS prend un virage. Dans dix ans, le groupe naval aura peut-être changé de dimension, voire de physionomie avec un nouveau portefeuille d'activités. Ou pas. C'est d'abord un pari technologique et industriel et surtout, in fine, commercial. Dans le cadre de sa stratégie de croissance Championship (voir « La Tribune » du 24 février), il s'est lancé dans une diversification dans le nucléaire, fort de son expérience dans les petites centrales embarquées (sous-marins et porte- avions), et surtout dans les énergies marines renouvelables.

« Nous sommes l'un des rares, sinon le seul groupe, à développer en même temps les quatre systèmes de production d'énergie marine », a expliqué mardi le directeur général délégué de DCNS, Bernard Planchais, en présentant la stratégie du groupe dans cette filière. Il travaille sur des projets d'éoliennes flottantes (Winflo), d'hydroliennes, d'énergie thermique des mers (ETM) et d'énergie des vagues (Ceto). Quatre programmes actuellement en phase de développement avec la fabrication de démonstrateurs qui permettront de valider les concepts industriels et opérationnels (voir ci-dessous). Notamment le coût de l'électricité produite par ces systèmes. « Cela fait partie des questions que l'on se pose, a-t-il souligné. Mais le prix sera concurrentiel par rapport à ce qui se fait avec les éoliennes actuelles. Ces activités doivent être rentables. »

Aide financière

Les investissements en recherche et développement pour ces quatre projets s'élèvent « jusqu'à 400 millions d'euros », selon Bernard Planchais, qui n'a pas souhaité donner la part d'autofinancement de DCNS. Le groupe a sollicité une aide financière des pouvoirs publics, notamment dans le cadre du grand emprunt. « Il y a des discussions en cours », a-t-il assuré. Pour le démonstrateur Winflo, qui coûtera 30 millions, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie (Ademe) pourrait apporter « un peu moins de 40 % ». Décision, été 2010. Des partenaires privés sont aussi démarchés. C'est le cas de Total dans le dossier ETM où le pétrolier apporte son expertise technique. C'est aussi le cas pour Winflo, développé par un consortium de six partenaires privés et publics. D'une façon générale, DCNS cherche à s'associer avec un opérateur électrique pour crédibiliser ses projets. De plus, selon Bernard Planchais, cette filière ne se développera que si l'État, à l'image des pays nordiques, prend en charge les coûts de raccordement entre les installations en mer et celles basées à terre.

À l'image de l'Allemagne pour les éoliennes terrestres (7,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 100.000 emplois), l'ambition de DCNS, qui veut fédérer les compétences des grands acteurs des énergies marines renouvelables, est « de créer une filière industrielle en France ». Le groupe table sur un chiffre d'affaires de 4 à 6 milliards en France pour cette filière en 2020 avec la création de 30.000 à 50.000 emplois.

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Commentaire 1
à écrit le 16/04/2010 à 11:17
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vous avez raison ....l'hydrolien c'est l'énergie d'avenir tant au niveau rendement qu'au niveau environnementale ...c'est évident . ... les éoliennes offshore seront plus que ridicules dans 4 a 5 ans ! Il faudra les démolir .....et en tous les cas...

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