Linky : deux avocats toulousains lancent une procédure collective contre Enedis

Pierrick Merlet

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Rémi Benoit

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Rémi Benoit
Après la mise en demeure par la Cnil du groupe EDF et Enedis à propos de la gestion des données récoltées par Linky, un nouveau front contestataire s'ouvre face au compteur intelligent. Deux avocats toulousains, Christophe Leguevaques et Arnaud Durant, ont annoncé lundi 24 février leur intention de mener une action collective auprès du tribunal judiciaire de Nanterre, contre Enedis et sa gestion de la pose des compteurs Linky.
Pour dénoncer les pratiques du groupe gestionnaire du réseau électrique français, le duo d'avocats est parvenu à rassembler plus de 12 500 signatures dans une pétition. Et pour mener ce combat juridique qu'ils estiment "entre 18 et 24 mois", ils ont fondé une legal tech du nom de "MySmartCab".
Désormais, la phase 2 de leur démarche est cette action collective avec laquelle Christophe Leguevaques et Arnaud Durant espèrent rassembler des milliers de personnes. Selon eux, 82% des signataires de la pétition, déjà, se disent prêts à intégrer la démarche. Mais ils veulent rassembler plus largement.
À partir du lundi 24 février donc, et jusqu'au 31 mars, les intéressés devront se signaler sur la plateforme pour rejoindre l'action collective, en fournissant les factures d'électricité, la copie de la carte d'identité et la preuve de la pose. Mais cette dernière sera produite par le duo d'avocats.
Pour bénéficier de leurs services, les avocats proposent un mode de financement qu'ils estiment "innovant", sous forme d'abonnement, à 8,20€ par mois, pendant 24 mois, soit la durée maximale estimée de la procédure. "De cette manière, nous rendons accessible la justice au plus grand nombre, ainsi c'est un moyen de rendre le pouvoir au consommateur", estime Arnaud Durant.
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Au-delà de la façon dont Enedis impose l'installation de leur compteur Linky, selon les avocats, ils veulent également attaquer le gestionnaire de réseau sur l'utilisation qu'il fait des données récoltées par l'équipement. Pour eux, c'est une forme cachée de surveillance à des fins commerciales.
Selon le duo, c'est une manière d'analyser le comportement des consommateurs avant que l'État ne mette en place, à terme, une nouvelle fiscalité sur la consommation électrique pour compenser la perte de recettes fiscales qui sera liée à la baisse de consommation des énergies fossiles.
Sollicitée par La Tribune, le groupe Enedis dément totalement une telle pratique de revente des données des consommateur, tout en faisant savoir que le déploiement du compteur Linky "se déroule dans de bonnes conditions".
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Mais c'est justement la manière dont Enedis récolte cet accord que pointe du doigt la CNIL. Par ailleurs, le groupe tient à rappeler que son installation est "prévue par la loi" et qu'il en va de l'intérêt collectif.
Pierrick Merlet
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