Géographie de l'innovation : quels écosystèmes sont les plus performants ?

Paul Périé

Paul Périé
Si le terme de "géographie de l'innovation" reste encore relativement confidentiel, les sujets abordés par cette discipline intéressent de plus en plus industriels et décideurs publics. "La Silicon Valley est un très bon exemple, explique Jérôme Vicente, directeur adjoint du Lereps. En quoi la proximité favorise l'innovation ? On constate, dans cet écosystème, que les entreprises qui innovent le plus sont toujours proches d'autres entreprises et d'universités. C'est une question de réseau."
Preuve de cet engouement pour la discipline, le Département, la Région ou encore Aerospace Valley se sont notamment associés à la 3e conférence internationale sur la géographie de l'innovation, organisée par l'IEP Toulouse et le Lereps, qui a par ailleurs reçu le soutien financier de Eurolio (Observatoire européen des données localisées de l'innovation) et de Circle (Centre for innovation, research and competence in the learning economy).
Parmi les différents sujets abordés lors de cette conférence, la mobilité des travailleurs créatifs, le cycle de vie des clusters ou encore les liens science / industrie.
La question des politiques publiques mises en place pour favoriser l'innovation au niveau local est également l'une des questions abordées par les chercheurs en géographie de l'innovation. "Aujourd'hui, on parle de smart specialization (spécialisation intelligente, NDLR). Il s'agit de développer des politiques régionales qui s'appuient sur des technologies transversales. Il faut sortir des spécialisations industrielles", insiste-t-il, donnant l'exemple de Toulouse qui a selon lui "pris du retard dans le virage commercial de la géolocalisation et des systèmes de navigation" alors que la ville disposait de toutes les compétences nécessaires.
Au niveau français, la création des pôles de compétitivité relève ainsi de cette réflexion. Il s'agit en effet de regrouper différents acteurs d'un secteur donné afin de favoriser l'innovation. Mais attention à la trop grande spécialisation, pointe Jérôme Vicente, par ailleurs spécialiste français des clusters. "Les pôles ou clusters qui performent le plus sont ceux où il y a une variété technologique, insiste-t-il. À Toulouse, par exemple, il y a beaucoup de brevets à l'intersection de plusieurs domaines."
Cette thématique sera notamment abordée par David Rigby, de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), lors de sa keynote. Ce chercheur américain est l'un des six spécialistes mondiaux qui effectueront des présentations du 28 au 30 janvier prochains. L'Américaine Bronwyn Hall, de Berkeley, Susana Borras, chercheuse espagnole de Copenhague, Patrick Cohendet et les Italiens Francesco Lissoni et Roberta Rabellotti interviendront entre différentes sessions d'un programme riche.
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