Ce sont les deux plus emblématiques écoles aéronautiques en France. D'un côté, l'École nationale de l'aviation civile (Enac). Fondée en 1949 et basée depuis les années 60 à Toulouse, elle forme la plupart des corps de métier du transport aérien (contrôleurs aériens, pilotes, ingénieurs, etc.) et compte de nombreux alumni à des postes clés à l'image de Marc Houalla, directeur de l'aéroport Paris Charles-de-Gaulle ou de Philippe Crébassa qui dirige l'aéroport de Toulouse. Au bout de la même rue, l'Isae-Supaero forme chaque année un bataillon d'ingénieurs à destination de l'industrie aérospatiale et qui a aussi accueilli au sein de ses rangs les astronautes Thomas Pesquet et Sophie Adenot.
Un tableau d'alumni impressionnant et pourtant ces établissements ne peuvent se reposer sur leurs acquis face à une compétition internationale plus forte que jamais.
« Même si nos deux écoles rassemblent près de 5 000 étudiants, nous devons relever un challenge sur la visibilité internationale. Il existe une très forte concurrence avec des universités prestigieuses qui ont des départements Aerospace Engineering à l'image en Europe de l'université de Cranfield, TU Delft aux Pays-Bas et l'université de Munich et outre-Atlantique du MIT. Le but est d'attirer les talents (étudiants, professeurs, chercheurs) pour avoir un rayonnement et porter la voix de la France à l'étranger », rappelle Marie-Hélène Baroux, directrice générale de l'Isae-Supaero.
Les deux écoles avaient déjà amorcé un premier rapprochement en 2022 avec l'intégration de l'École nationale de l'aviation civile (Enac) en tant qu'école associée du groupe d'écoles d'ingénieurs Isae. À l'occasion du salon du Bourget la semaine prochaine, les deux établissements vont acter la création de la Toulouse School of Aviation and Aerospace Engineering. Cette entité regroupera 21 formations de masters et de mastères spécialisés (cursus d'un ou deux ans) qui accueillent aujourd'hui 600 étudiants dans les deux écoles. Les cycles d'ingénieur en trois ans ne sont pas concernés par cette nouvelle marque. Un site internet commun sera mis en ligne en septembre pour permettre aux candidats de postuler pour la rentrée 2026. « Sous la marque TSAAE, nous pourrons promouvoir les formations à l'étranger, gérer en commun ces cursus et les recrutements de professeurs », ajoute la responsable.