Jean-François Zygel : « En musique, l'IA générative est devant un échec »
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Les artistes sont partagés sur le recours à l'IA dans la création.
Frédéric Scheiber
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Les artistes sont partagés sur le recours à l'IA dans la création.
Frédéric Scheiber
En octobre dernier, Jean-François Zygel a donné un drôle de concert à Toulouse. Le pianiste compositeur explore l'usage de l'intelligence artificielle pour créer des morceaux à l'invitation du quai des Savoirs et de l'Orchestre national du Capitole. « Nous avons donné des prompts à des applications d'IA et nous demandions au public de comparer le résultat avec les morceaux imaginés par des improvisateurs comme le chef d'orchestre ou moi-même. Le verdict, c'est que l'intelligence artificielle générative est devant un échec en musique », estime l'artiste, ce mardi depuis l'événement The Village organisé par La Tribune et la Région Occitanie en plein festival de Jazz in Marciac dans le Gers.
Avant de développer :
« On peut demander la déclaration des droits de l'homme et du citoyen en mode romantique en fa mineur. Les trois accords fondamentaux vont se succéder comme pourrait le reproduire un enfant de six ans. Mais d'un point de vue artistique, c'est extrêmement faible. »
Mais ce constat n'est pas partagé par l'ensemble des artistes et des disciplines. « Je suis plus inquiet , lance Luc Camilli, producteur du toulousain XBO films dont les courts-métrage Gigi et Papillon ont été sélectionnés aux César. Les modèles d'IA sont possédés par des grands groupes qui ont contribué à une standardisation de l'offre culturelle. Un réalisateur canadien me confiait récemment qu'il a fini par débrancher l'IA pour générer des images car cela lui faisait perdre la singularité de son image en l'orientant vers une esthétique plus vendeuse, dans les codes de ses données précédentes. »
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Le producteur s'inquiète aussi du recours récent de Netflix à l'intelligence artificielle pour les effets spéciaux : « L'IA entre dans les étapes de production dans l'optique de réaliser des économies de main-d'œuvre. » Traducteurs, illustrateurs, auteurs... 60% des artistes seraient inquiets face à la déferlante de l'IA générative dans leur profession d'après un observatoire de la Société des gens de lettres (SGDL) et la Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques (ADAGP) paru à l'automne dernier.