Le centre français de recherche aérospatiale (Onera) a dévoilé au sud de Toulouse un équipement pour étudier le risque d'incendie dans les moteurs d'avion en anticipant l'impact des matériaux composites et de l'hydrogène.
Airbus ne sera plus obligé d'aller aux États-Unis pour faire les tests de résistance au feu de ses avions. Jusqu'à présent, seule la FAA, le régulateur américain de l'aviation, disposait d'un tel équipement, mais à des fins de certification et non de recherche. « La France dispose du premier équipement de recherche au monde capable de recréer et d'analyser en taille réelle les incendies dans le compartiment moteur », a salué jeudi dernier Bruno Sainjon, PDG de l'Onera.
Le centre français de recherche aérospatiale a dévoilé sur son site de Fauga-Mauzac, au sud de Toulouse la plateforme Pycofire (Pyrénées Composite Fire Research) qui a mobilisé 14 millions d'euros d'investissement (10 millions par la Région Occitanie et l'Union européenne, 2 millions par Airbus, ArianeGroup et Safran, 2 millions de l'Onera).
Les acteurs aéronautiques européens plaident depuis des années pour l'arrivée d'un moyen d'essai souverain face au risque d'espionnage industriel. « Disposer d'une capacité d'essais aussi unique constitue un atout stratégique majeur pour l'Europe et pour la France. Il s'agit de ne pas dépendre de technologies ou de plateformes d'essais étrangères pour les qualifier ou certifier des systèmes de sécurité adaptés au carburant du futur », ajoute Bruno Sainjon.
Préparer l'arrivée des matériaux composites et de l'hydrogène
La particularité de Pycofire est d'étudier le risque incendie sur les nouveaux matériaux envisagés par Airbus et Safran sur leurs futurs programmes, mais aussi d'anticiper l'arrivée des matériaux composites dans les moteurs d'avion.
« Contrairement au métal classiquement utilisé dans l'aéronautique, la dégradation des matériaux composites en cas d'incendie est encore mal connue. Une pièce composite est fabriquée à partir d'une succession de couches de fibres liées par de la résine. En cas de feu, la résine va se dégrader et générer des bulles de gaz. Ces dernières vont créer des cloques qui s'enflammeront. Ce phénomène est beaucoup plus complexe à simuler numériquement que du métal d'où l'intérêt d'avoir une plateforme physique », explique Thomas Nedelec, ingénieur d'essais.
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