Comment SP3H met le turbo
Carole Payrau
Carole Payrau
La phase d'industrialisation s'est amorcée pour la start-up aixoise mère du capteur optique profilant en temps réel l'ADN des carburants. Il s'agit pour l'heure de petites séries, de l'ordre de dizaines de milliers d'unités par an. SP3H serait en mesure d'équiper les premiers véhicules de sa technologie d'ici 2 à 3 ans, confortée sans doute par la nouvelle norme antipollution Euro 6 C, qui devrait mettre davantage encore sur le devant de la scène tout l'intérêt de ses solutions auprès des constructeurs. Mais si l'automobile demeure son marché cible, puisqu'elle vise à terme l'équipement d'au moins un tiers de la flotte mondiale, l'entreprise a lancé en parallèle des études sur plusieurs marchés de niche, identifiés avec des besoins en volumes compatibles avec son niveau de production actuel. L'idée étant bien sûr de booster son activité et de générer davantage de chiffre d'affaires, "afin de moins solliciter les investisseurs et de s'auto-suffire", avance Alain Lunati, fondateur de SP3H.
Trois pistes ont ainsi été ciblées. La première concerne le raffinage et la pétrochimie, "sur lesquels nous apporterions une solution de rupture, par rapport à un marché qui n'a pas bougé depuis 30 ans". Selon les premiers retours, SP3H s'orienterait "vers des petites productions de l'ordre de centaines d'unités à un prix compatible avec les besoins du raffinage".
Un deuxième marché industriel pourrait représenter des volumes un peu plus importants, de l'ordre de plusieurs milliers de systèmes par an, d'ici 12 à 18 mois : le contrôle et l'analyse des fluides achetés.
Un marché qui déboucherait, plus largement, sur la traçabilité des fluides dans les raffineries, et permettrait de suivre le carburant tout au long de la supply chain. "Du point de départ à la livraison, nous refaisons l'empreinte du carburant à l'aide de 9 paramètres. Cela permettrait là encore d'éviter les fraudes, puisqu'en cours de route, certains revendent une partie du carburant au marché noir et remplissent le contenant à l'aide d'autres composantes". Une perspective qui intéresse fortement "les Etats et les grands consortiums".
Enfin, un troisième niveau de marché identifié par l'entreprise, se chiffrant en dizaines de milliers de systèmes par an, pourrait être mis en œuvre d'ici 36 mois. Il s'agit de la réalisation de diagnostics sur les gros moteurs. A savoir ceux de véhicules conçus pour fonctionner 20 à 30 ans. Dans le viseur : les bus, poids lourds et autres bateaux, soumis à des impératifs de mise à jour en vue d'amélioration tous les 3 à 4 ans. Le capteur SP3H, fournissant des données permettant l'optimisation du moteur, "peut conduire au final à la réduction de la facture énergétique. Un argument auquel devraient être sensibles des compagnies et régies de transports. Si l'on dit par exemple à la RDT 13 ou à la RTM que l'on peut baisser de 3 ou 4 % la consommation de carburants, on touche aux coûts opérationnels..."
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Pour l'heure, SP3H mène bon train les négociations, tous marchés confondus, et a déjà conclu des accords commerciaux.
Avec un objectif, pour 2016 : dépasser le million d'euros de chiffre d'affaires.
Carole Payrau