Le pari de Lucenacense dans les neurosciences
Carole Payrau
Carole Payrau
Cinq années déjà que Lucenacense trace sa route avec un objectif : devenir l'un des experts de la réalité virtuelle et de l'immersion sensorielle. "Nous avons fait le choix d'un capital relativement important, de l'ordre de 100 000 euros. Puis nous avons remis sur la table 100 000 euros supplémentaires afin d'investir dans la technologie visée", explique Denis Boland, fondateur de l'entreprise marseillaise. Et de donner le jour à une cabine d'immersion multi-sensorielle inédite, nommée Lucenata. Utilisant les dernières avancées des technologies électromécaniques, informatiques et audiovisuelles numériques, elle permet au sujet de se téléporter dans une toute autre réalité, en marchant ou en volant. Dès 2011, la responsable des Palais de l'Alhambra, a pu survoler, le temps d'une démonstration au CRVM (Centre de réalité virtuelle de la Méditerranée), "le Patio des lions", tel qu'il serait après rénovation.
Dès lors, Lucenacense décide de concentrer son rayon d'action. Après études, elle cible son domaine d'application : ce sera la prise en charge des troubles mentaux, et plus précisément les troubles de stress post-traumatique (PTSD).
C'est justement ce que propose de pallier la Lucenata, en permettant aux proches de se prêter virtuellement à l'EMI, afin de pouvoir rétablir le dialogue avec celui qui l'a vécu. "La Lucenata pourrait aussi aider les victimes de PTSD consécutifs à une agression ou un attentat. Grâce à elle, le sujet peut contrôler un environnement artificiel. C'est cette notion de contrôle qui lui permet de reprendre les rênes", poursuit Denis Boland. Pour ce faire, l'équipe de Lucenacense, avec l'aide de la communauté scientifique de S17 Production, continue à étoffer son expertise. "Nous comptons encore 3 ans de développement", évalue le fondateur, qui souhaite vendre sa technologie aux structures soignantes. "Mais nous visons plutôt l'étranger, notamment la Suisse : une partie des médecins de S17 Production est basée là-bas. Et c'est sur ces prescripteurs que nous allons nous appuyer, afin de faire connaître la Lucenata aux dirigeants de structures soignantes. Outre la Suisse, il y a aussi, d'ores et déjà, un intérêt marqué aux USA".
En attendant de démocratiser cette invention, c'est sur d'autres produits que Lucenacense va miser pour générer du chiffre d'affaires à partir de cette année. Agissant plus largement sur le spectre des neurosciences, l'entreprise met en vente dès cette semaine un jeu de réflexion nommé Tetramental, disponible sur mobiles Androïd. Elle lancera aussi cet été une application "oui/non", destinée aux personnes atteintes de troubles entravant la communication, comme les leucodystrophies ou les syndromes autistiques. Application qui leur permettra de s'exprimer grâce à des émoticônes et de créer des ponts avec leur entourage... "L'application en elle-même est gratuite, mais les services qui peuvent lui être greffés, tel l'ajout de visuels ou de sons, seront payants".
Enfin, Lucenacense va promouvoir ses outils numériques de lecture des émotions.
Mais Denis Boland, par effet de stratégie transverse, envisage à plus court terme une autre application de ces outils, dans le domaine de la sécurité.
Carole Payrau