Le e-tourisme se réinvente à Pau

Mila Ta ninga

Mila Ta ninga
Pendant trois jours, les professionnels du tourisme représentant les offices de tourisme, les comités départementaux ou régionaux de tourisme et les entreprises sont conviés à réfléchir ensemble à l'avenir de leur métier. Il s'agit de décrypter à la fois les besoins des visiteurs, mais également celles des structures en présence. Avec 27 millions de touristes rien qu'en Nouvelle-Aquitaine en 2017 d'après le Comité régional du tourisme, la région se hisse à la 5e place au niveau national. Selon le baromètre 2017 sur les nouvelles tendances de consommation de Guy Raffour, le directeur général du cabinet Raffour Interactif, 26,1 millions de Français ont préparé leurs séjours en ligne. Une augmentation significative par rapport à 2006 où ils étaient 12,4 millions. Ces e-touristes ont des demandes de plus en plus ciblées, les acteurs du e-tourisme doivent donc s'adapter.
C'est une "Ginger Battle" qui a ouvert ces 13es Rencontres du e-tourisme. D'un côté, un spécialiste de l'intelligence artificielle détaillant les impacts de ce système 100 % digital, notamment en termes d'accueil ou d'accompagnement du visiteur. Que ce soit sur les conditions météorologiques (une des questions les plus fréquemment posées dans les offices de tourisme), trouver un restaurant, un médecin ou des horaires de transports... Ces informations sont de plus en plus reléguées à des usages 100 % dématérialisés. De l'autre côté, un spécialiste précisant les atouts des conseillers, libérés d'informations froides.
Les professionnels seront également invités à se faire une idée sur ce que propose par exemple le directeur marketing digital de VisitCopenhagen.com. Le site internet de l'office du tourisme de la capitale danoise devient un relais des médias qui existent déjà. Il regroupe les guides spécialisés et les met à la disposition des touristes.
Pour pouvoir proposer ce genre de tourisme spécialisé, il faut connaître les besoins des clients. Pour Lascaux IV par exemple, le gestionnaire Semitour Périgord a demandé à la société Alienor de collecter des données et de prendre en compte tout ce qui est mesurable dans le parcours visiteur. Tant en termes de temps passé sur place, de passage dans la boutique de souvenirs, que les retours faits sur les réseaux sociaux ou l'impact de la météo sur la fréquentation.
Ces types d'analyses ont permis à plusieurs startups de présenter aux collectivités une autre façon de travailler. Dans le domaine de la culture par exemple, Artips propose de découvrir une ville à travers des œuvres d'art ou de l'architecture. L'offre est aussi spécialisée dans la musique (Musiktips) et les sciences (Sciencetips). Les touristes trouvent un intérêt personnel à séjourner dans une ville qu'ils n'auraient pas visitée autrement, assure Laurent-Pierre Gilliard.
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Tous ces partages de bonnes pratiques ont donné naissance à des rencontres professionnelles entre les startups et les grands acteurs du tourisme durant ces Rencontres nationales. Sous forme de speed-dating de 15 minutes, chaque participant va pouvoir expliquer à son potentiel futur partenaire quelles sont ses attentes, ses contraintes, ses demandes et ses expertises.
Les acteurs de l'e-tourisme continuent de se réinventer face aux grosses structures existantes, comme Booking et toutes celles qui brassent des millions de personnes chaque année.
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