109 milliards d'euros, une trentaine de data centers et un sommet international. L'intelligence artificielle et ses promesses font les gros titres de l'actualité. Mais elle s'immisce aussi dans un nombre croissant d'organisations : « On est à un moment assez favorable pour déployer l'intelligence artificielle. Le déclic ça reste les gains de temps et d'efficacité qui peuvent être très spectaculaires au départ », note Alexandre Ribeiro, le directeur général de BeTomorrow, une agence d'innovation numérique basée à Bordeaux.
Pas encore de tsunami de l'IA néanmoins mais une tendance qui s'installe : « 31 % des TPE -PME ont recours à l'intelligence artificielle générative fin 2024, une proportion qui a doublé en un an. En particulier, 8 % l'utilisent régulièrement contre 3 % fin 2023 », écrit Bpifrance dans une note publiée en janvier 2025. Et ces applications se font dans des secteurs variés et parfois inattendus.
Les sapeurs-pompiers de l'Ain s'apprêtent ainsi à tester pendant six mois l'application d'intelligence artificielle vocale développée par la start-up bordelaise Airudit, spécialiste de l'interface homme-machine par la commande vocale. « Les sapeurs-pompiers dictent au logiciel le compte rendu d'intervention et reçoivent des suggestions pour s'assurer que tout le processus a été mené à bien », explique Philippe Lebas, qui travaille également avec Dassault et Spie Nucléaire.
« Cela nous permet de fiabiliser juridiquement nos interventions, de faire gagner du temps aux pompiers sur le terrain et donc d'améliorer la prise en charge des victimes, » témoigne Hugues Deregnaucourt, le contrôleur général du Sdis de l'Ain. Si l'expérimentation est jugée concluante, le logiciel d'Airudit sera intégré à Nexsis, le nouveau système de gestion opérationnelle qui doit être adopté progressivement par tous les Sdis de France d'ici 2028. Développé par l'Agence du numérique de la Sécurité civile, il a vocation à intégrer d'autres briques intelligence : « Nous utilisons l'IA pour analyser la voix lors des appels afin d'en qualifier l'urgence, mais aussi sur la détection de feux de forêt, de noyades ou de la présence de piétons sur des ponts autoroutiers », illustre Pierre Casciola, le directeur de l'ANSC.