Comment Ellcie-Healthy valide (scientifiquement) sa stratégie d’innovation
Laurence Bottero
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C'est le deuxième étage de la fusée que la startup met sur orbite. Après la détection de l'endormissement au volant mis sur le marché sous le nom de Prudensee, voici la détection de la chute. Une seconde innovation, prévue dès l'origine, qui a forcément exigé un temps de développement pour prendre forme.
Faire des lunettes, objet du quotidien, un ioT performant a toujours été l'idée fondatrice de la jeune pousse. Une idée simple et facile en apparence. Beaucoup moins cependant lorsqu'il faut passer à la pratique et bourrer les branches des lunettes de capteurs intelligents, certes, mais fins et sensibles.
Soucieux de la juste valeur de la data récupérée, et parce qu'initialement il fallait aussi connaître quel type de data était pertinente, Philippe Peyrard s'est toujours appuyé sur la connaissance, les expertises issues des laboratoires ou d'établissements qualifiés. « Ce sérieux nous a permis d'être sélectionné pour devenir fournisseur de la Direction Générale de l'armement », explique le fondateur de la startup dont la compétence d'eye tracking possède un vrai potentiel d'innovation. En étant capable de suivre le regard, c'est le cœur même de l'innovation d'Ellcie-Healthy qui est mis en avant. « Ce que suivent nos lunettes et ce qu'elles captent par le biais du regard constitue des informations majeures ». Et l'application militaire de la technologie, par le biais de Thales et Dassault, évidemment « a permis d'améliorer notre savoir-faire, que nous dupliquons désormais dans le civil », raconte Philippe Peyrard. Si dans la vie quotidienne, ce que permet le suivi du regard intéresse les assureurs notamment, un autre usage se dessine et non des moindres, celui de la santé.
Car le regard joue un rôle d'importance dans certaines pathologies ou maladies. C'est encore une fois ce potentiel qui a permis à Ellcie-Healthy de signer deux partenariats, l'un avec l'hôpital de Dresde, en Allemagne, l'autre avec l'hôpital Barthélémy Durand à Estampes. « A Dresde, nous aidons les chercheurs sur des problématiques neuro-dégénératives, comme la maladie de Parkinson, par exemple », détaille Philippe Peyrard. « La lunette est le seul wearable bardé de capteurs, qui est posé sur une zone qui intéresse les chercheurs car permettant de suivre la direction du regard, en étant autonome. D'autres wearables existent sur le marché, mais ils ont généralement un « fil à la patte », c'est-à-dire qu'ils ne disposent pas de beaucoup d'énergie et donc d'autonomie. Or, avec nos lunettes, nous sommes capables de suivre le patient sur un temps long ». Et cette capacité à suivre le patient sur un temps suffisamment long est d'autant plus important qu'en établissement hospitalier, existe le syndrome de la blouse blanche, selon lequel le patient se sent « fragile » car hospitalisé. Or, revenu chez lui, il ne subit plus ce syndrome. Et c'est à partir de son comportement « naturel » que l'observation devient intéressante.
Laurence Bottero