La TPE héraultaise MetalSkin, reconvertie dans l’auto-décontamination des surfaces par application d’un alliage à base de cuivre, a vu l’intérêt pour son procédé largement boosté par la crise sanitaire du Covid. Aujourd’hui, elle s’apprête à lever plus d’un million d’euros.Utiliser le cuivre comme principe actif d'une technologie de revêtement des points de contacts manuels pour neutraliser bactéries, microbes ou virus. C'est le procédé mis au point par une TPE héraultaise, MetalSkin. Créée à Balaruc-les-Bains en 2007 par Stéphane Penari, MetalSkin fondait au départ son positionnement sur une technologie de métallisation à froid à des fins décoratives.
«C'est une commande qui nous a fait bifurquer,raconte aujourd'hui Stéphane Penari.En 2011 ou 2012, on nous a demandé d'appliquer du cuivre sur un abattant de WC pour le milieu hospitalier, en vertu de ses propriétés antimicrobienne. En 2013, nous avons effectué une étude pour valider le concept. Et nous avons développé un alliage avec un taux de 92% de cuivre qui permet de diviser par 3.000 le nombre de bactéries et de virus en une heure. Ou par 100 en trois minutes. C'est donc un procédé très adapté à la désinfection et au nettoyage des surfaces qu'on ne peut pas désinfecter sans arrêt. »
Stéphane Penari a travaillé avec l'Afnor sur une future norme internationale : « Il n'existait pas de normes pour qualifier l'efficacité anti-microbienne d'une surface. Nous avons travaillé avec l'AFNOR sur la création d'une nouvelle norme en 2019 et ce sera la future norme ISO qui sortira en 2023 au niveau mondial ».
Barres de maintien, poignées de portes, interrupteurs...
MetalSkin propose aujourd'hui une technologie d'auto-décontamination à laquelle la crise sanitaire a donné un éclairage particulier et un coup d'accélérateur. Le procédé vise les éléments qui sont régulièrement touchés par un grand nombre de personnes, à fort potentiel de charge bactérienne ou virale, comme les poignées de portes dans un hôpital, des interrupteurs, les barres dans les transports en commun, les chasses d'eau, les abattants de WC, les loqueteaux de portes de toilette, les robinets ou les boutons d'ascenseur. En fonction de la forme du produit à protéger, MetalSkin propose le recours à la peinture, l'adhésif ou le moulage. L'entreprise a déposé trois brevets internationaux.
«C'est le chaînon manquant entre le nettoyage-désinfection des surfaces et des mains, il en est le parfait complément,assure Stéphane Penari. L'efficacité du revêtement peinture, par exemple, est garanti sur longue période, environ dix ans, avec la même puissance. »