En 2018, la chaîne de supermarchés discounts Lidl renonçait à son projet SAP censé remplacer son ERP AS/400 vieux de trente ans. L'initiative aura coûté au groupe 500 millions d'euros et impliqué, en vain, quelque 1.000 personnes ! Un échec retentissant qui n'est pas un cas isolé.
Appelé désormais IBM i, le serveur AS/400, lancé en 1988 est loin d'avoir dit son dernier mot : il continue d'être utilisé par des milliers d'entreprises, notamment des banques, des hôpitaux, des fabricants ou même des agences gouvernementales. D'après Dominique Gayte, fondateur de la startup Gayte.it en Lozère, ce serait l'un des serveurs les plus puissants et les plus modernes du marché : « C'est aussi l'un des plus fiables mais il est encore souvent utilisé comme un système du siècle dernier, ce qui fait dire à ses détracteurs que c'est un minitel ! ».
Le nombre de serveurs IBM i est estimé à 8.000 en France et 50.000 dans le monde mais la vraie problématique réside dans les applications métiers, hébergées sur ces serveurs, qui datent, ne correspondent plus aux demandes actuelles des utilisateurs, et sont la plupart du temps mal protégées.