L'industrie fragilisée par la crise

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L'économie française rattrapée par la crise ? En mai, la production industrielle a chuté lourdement, avec un recul de 2,6 % par rapport au mois d'avril. L'indice retombe à son plus bas niveau depuis avril 2007. Biens de consommation, biens d'équipements, biens intermédiaires, ­construction et production automobile, tous les secteurs industriels sont à l'unisson : ils baissent. Le repli le plus spectaculaire est observé dans l'automobile, - 8 % sur un seul mois. Euro fort, envolée des prix des carburants, bonus-malus qui oriente les consommateurs vers de petits modèles dont nombre ne sont pas produits en France... les obstacles s'accumulent pour cette branche qui représente tout de même 10 % de l'industrie manufacturière.Inquiétant également, le fléchissement de la production de biens intermédiaires (- 2,4 %). On peut en effet y voir le signe précurseur d'un ralentissement à venir de l'investissement aussi bien en France que chez nos principaux partenaires commerciaux, Allemagne en tête. Sans surprise, les biens de consommation - textile, équipements de la maison - accusent également un repli, en ligne avec une demande intérieure qui souffre depuis quelques semaines.DE MAIGRES LEVIERS D'ACTIONSCes mauvais indicateurs donnent du crédit à l'hypothèse que la croissance française pourrait être proche de zéro au deuxième trimestre, après une progression de 0,5 % sur les trois premiers mois de 2008. Le gouvernement, qui compte pour l'avenir sur l'impact de la loi de modernisation de l'économie pour redonner de l'allant à l'activité, maintient pour l'instant inchangée sa prévision de croissance dans une fourchette allant de 1,7 % à 2 %. Mais en attendant l'éventuel effet LME (+ 0,3 point de croissance selon Bercy), les leviers d'action sont assez maigres que ce soit au niveau européen ou au niveau national.L'inflation empêche la Banque centrale européenne d'assouplir sa politique monétaire et ce alors même que les signes de ralentissement ne sont pas propres à la France. En Allemagne, en Espagne et en Italie, l'industrie a également souffert. Quant à la France, la situation de ses finances publiques - le déficit 2007 représente 2,7 % du PIB - réduit considérablement ses marges de manoeuvre pour redonner du pouvoir d'achat à ses consommateurs ou abaisser la fiscalité des entreprises.

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