« Small is beautiful », le retour

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Si, dans une première phase, la crise a plutôt joué en faveur des très grandes entreprises, elle s'avère aujourd'hui être une opportunité pour les petites organisations. En Bourse, depuis le 1er janvier, les petites valeurs s'envolent quand les barons du CAC 40 continuent de souffrir le martyre. Sur le terrain, comme le montrent les enquêtes de CroissancePlus ou d'Oséo, les PME innovantes ont, en ce moment, le vent en poupe. Malgré le brouillard, elles ont le moral. On le voyait aussi, la semaine dernière à Paris, lors de la remise des Prix de l'ambition, ces prix organisés par la banque Palatine, en partenariat avec « La Tribune », et qui sanctionnent les plus belles aventures du business de l'année écoulée. Pour l'entreprise, la taille est bien sûr a priori un atout, la grandeur un facteur de sécurité et de stabilité. Dans la tempête, les gros paquebots résistent mieux que les petits voiliers. Affaiblie sur un front, une multinationale diversifiée peut continuer à avancer là où une PME aura coulé. En vertu du principe « too big to fail » (trop grand pour faire faillite), un géant sera toujours sauvé par un État pompier là où un nain sera abandonné à son triste sort. Le tsunami du moment a fait de la taille une protection presque absolue. Il n'y aura eu finalement qu'une seule exception, Lehman Brothers. On en connaît le prix ! Les choses ne sont pourtant peut-être pas aussi simples. Les grands paquebots ? les banques, les constructeurs automobiles, les géants de la pharmacie même ? ont aussi leurs handicaps. Empêtrés dans de lourdes et longues procédures, ils sont souvent freinés dans leur mouvement par des coûts fixes élevés et quasi intangibles. Leur pérennité assurée émousse aussi leur inventivité. À l'inverse, les petits voiliers ? les PME innovantes ou les small caps ?, plus jeunes et plus légers, sont aussi plus réactifs et plus agiles, mieux à même donc de naviguer dans un monde très instable. C'est, dans le monde de l'entreprise, le retour du « small is beautiful » (le petit est beau). Impossible de généraliser pourtant. Ce retour, rien par exemple ne le confirme dans la vie des nations où la taille reste un atout. Les grandes économies (les États-Unis, la Chine ou le Brésil) sont celles aujourd'hui qui résistent le mieux à la crise ; les petites (l'Islande, la Hongrie ou l'Europe disloquée) sont celles qui souffrent le plus. « Small is beautiful », jusqu'à un certain point donc. eizraelewicz@latribune.frerik izraelewicz

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