L'innovation, un atout maître

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C'est devenu un fait rare. Selon l'enquête réalisée par Opinion Way pour CroissancePlus, l'association des entreprises de croissance et le gestionnaire de fonds Astorg, BFM et « La Tribune », le chiffre d'affaires des 225 entreprises de croissance interrogées a progressé de 26 % en 2008. Plus précisément, elles étaient 87 % à enregistrer une croissance supérieure à 10 % de leurs ventes 2008. À titre de comparaison, seuls 21 % de l'ensemble des entreprises affichaient des performances comparables.Ce ne sont pas les seuls éléments témoignant de la plus grande vitalité de ce type d'entreprises par rapport à leurs homologues traditionnelles. Elles sont en effet 44 % à prévoir une augmentation de leur activité au cours des six prochains mois. Un chiffre en décalage très net avec ceux fournis par les récentes enquêtes de conjoncture de l'Insee, qui font état de piètres perspectives, en particulier dans l'industrie. Les investissements et le développement à l'international restent également dynamiques. L'emploi également (lire ci-contre).À la lecture de ces résultats, et de la comparaison que l'on peut faire avec les autres entreprises, les entreprises de croissance se portent bien. Pour autant, elles n'échappent pas entièrement au marasme ambiant. « Cette enquête est élogieuse et? trompeuse si on la compare aux précédentes enquêtes de ce type. Il y a un an, 100 % des entreprises interrogées par nos soins pariaient sur une hausse de leur chiffre d'affaires dans les six prochains mois », rappelle Frédéric Bedin, le président de Croissance Plus. « On ne peut passer sous silence cet écart très significatif entre les anticipations d'hier et celles d'aujourd'hui », ajoute-t-il.Ce n'est pas le seul sujet à discussion. « Seuls 25 % des chefs d'entreprise constatent un durcissement des conditions de financement de leurs investissements. Or les bons projets à financer ont quasi disparu. Les chefs d'entreprise préfèrent se pencher sur la gestion quotidienne de leur trésorerie », déplore-t-il.« Néanmoins, les entreprises de croissance ne baissent pas les bras. Malgré la récession, elles adoptent des politiques commerciales et marketing très agressives qui tranchent singulièrement avec l'attitude prudente des entreprises appartenant aux secteurs traditionnels. Quant à la priorité donnée à l'innovation, presque naturelle pour les entreprises à croissance rapide, elle demeure évidente. C'est leur arme anticrise », ajoute Frédéric Bedin.dépenses d'avenirL'association Croissance Plus n'est pas seule à considérer l'innovation comme une bouée de sauvetage. Selon la dernière enquête trimestrielle d'Oséo, les entreprises innovantes n'échappent certes pas à la crise même si elles tablent sur une baisse de leur chiffre d'affaires en 2009 moins importante que les entreprises non innovantes (? 6 % en 2009, contre ? 7,8 %). Et en 2010 ? « Alors que les PME qui n'ont pas innové depuis trois ans anticipent une stagnation de leurs ventes, 51 % des entreprises innovantes prévoient une progression des leurs », précise la banque publique dédiée au soutien des PME. On comprend mieux l'insistance du gouvernement à privilégier les dépenses d'avenir et à encadrer rigoureusement celles de fonctionnement.Fabien Piliu 44 % de ces entreprises prévoient une augmentation de leur activité au cours des six prochains mois.

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