Impôt mondial, 1 000 heures de travail en moins dans le monde, 5 000 euros de revenu… Thomas Piketty dessine une feuille de route ambitieuse pour réussir à rendre la planète soutenable tout en garantissant la prospérité pour tous à l’horizon 2100. Réunis à Paris pendant trois jours, une cinquantaine d’économistes de renommée mondiale veulent alerter face à la crise du climat.LA TRIBUNE. La guerre au Moyen-Orient a ravivé les débats sur la taxation sur les superprofits en Europe et en France. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a menacé de délocaliser une partie des activités. En parallèle, la France a échoué à taxer ces secteurs au moment de la guerre en Ukraine. Comment expliquer un tel échec en France ?
THOMAS PIKETTY. Les classes privilégiées n’ont jamais été à l’initiative de telle réforme fiscale en France. Historiquement, toute décision fiscale de cette nature ne s’est jamais faite à l’unanimité. Les pays, dont la France, doivent partir du principe que les grandes compagnies ont pu bénéficier des grandes infrastructures, des biens publics.
« Les entreprises ne peuvent pas dire qu’elles ne doivent plus rien et s’en vont. On ne peut pas accepter ce diktat. »
Dans ce schéma, les entreprises ne peuvent pas dire qu’elles ne doivent plus rien et s’en vont. On ne peut pas accepter ce diktat. Sur l’impôt sur la fortune, la France peut décider d’imposer les patrimoines en proportion du nombre d’années de résidence en France. Cela permet de lutter contre le contournement fiscal. Le coût d’un exil fiscal est plus limité. Pour les entreprises, la fiscalité est plus complexe en raison des filiales. Mais cela n’est pas impossible.