Taxer plutôt qu'interdire

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Décidément, l'Amérique est toujours pionnière. Le pays de Wall Street pourrait être le premier à interdire, depuis la crise, une activité financière. Le Nasdaq et la plate-forme boursière alternative Bats ont suspendu, hier, leurs activités de « flash trading » en attendant de savoir si la SEC, l'autorité de régulation, prohibe ou non cette pratique. Le « flash trading » est dans le collimateur des autorités parce qu'il permet à des investisseurs de tirer profit d'écarts minimes de cours en intervenant sur les marchés en quelques millisecondes. On peut presque parler de délit d'initié technique. Saisie par le sénateur Charles Schumer, la SEC s'interroge sur « l'iniquit頻 résultant du « flash trading » entre grands et petits acteurs. D'autres vont plus loin, qui s'interrogent carrément sur l'utilité sociale de cette nouvelle technique au développement de laquelle des banques, Goldman Sachs en tête, consacrent d'énormes investissements. S'attaquer au « flash trading » conduit en effet à s'interroger sur l'évolution d'un monde financier travaillant exclusivement au service de ses profits, de ses bonus, bref de lui-même, et plus du tout au financement de l'économie. Mais l'interdire, c'est vouloir ramener le cheval au box à la cravache. C'est essayer de brider une créativité financière reposant, surtout, sur l'essor des nouvelles technologies. C'est s'engager dans une course poursuite que la réglementation n'est pas sûre de gagner. Mieux vaudrait emprunter un chemin moins ambitieux, mais sans doute plus efficace?: taxer, plutôt qu'interdire. Taxer les activités purement spéculatives, ce serait amoindrir leur rentabilité, peser sur les bonus qui y sont corrélés et, peut-être, in fine, conduire les établissements financiers à se détourner d'eux-mêmes des pratiques les plus contestables. Et, à défaut, cela alimenterait les caisses des États que les folies de la finance ont vidées. Un système de vases communicants d'utilité publique, en quelque sorte. pagay@latribune.fr pierre-angel gay

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