Les assureurs ne désarment pas sur Solvabilité 2

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Favorables ou pas à la directive Solvabilité 2 votée par le Parlement européen le 22 avril, les assureurs français de tout bord restent fortement mobilisés. À commencer par Henri de Castries, président du directoire d'Axa et ardent défenseur d'une adoption rapide de ce texte européen qui rénove en profondeur les règles prudentielles du secteur. « Il ne faut rien lâcher dans les discussions qui vont suivre. Ce qui va être décidé sur le pilier 2 [concernant la gouvernance et le contrôle interne, Ndlr] et le ?group support? sera décisif », déclarait-il hier lors d'un débat organisé par l'association Confrontations Europe. Même volonté pour le farouche opposant à cette directive, Helman le Pas de Sécheval, directeur financier de Groupama représentant une partie des assureurs mutualistes français : « Nous sommes offensifs. Nous nous battrons sur deux fronts, sur le contenu des papiers soumis à consultation [documents préparatoires des mesures d'application de la directive] et pour que les corrections apportées à Bâle 2 concernant les banques soient aussi introduites dans Solvabilité 2. » Pour sa part, Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Gema, le Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Macif, Maif...), rangé du côté des partisans de Solvabilité 2, recense plusieurs sujets prioritaires : la marge de solvabilité requise (SCR) en assurance non-vie, la réassurance thème sur lequel « la directive est faiblarde », et « la clarification du risque santé??».tout n'est pas jouéLe grand oublié de la directive reste le consommateur qui pourrait néanmoins pâtir de la moindre rentabilité de l'assurance-vie ou de la hausse de certains tarifs comme l'a souligné Jean Berthon, président de la Fédération des associations d'épargnants français (Faider). Malgré l'adoption de cette directive en gestation depuis plus de six ans, tout n'est pas joué. « Tout peut se défaire au niveau 2 », celui des mesures d'application, a estimé hier Pervenche Berès, députée européenne et présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Et, pour améliorer certains « morceaux franchement mauvais » de la directive, elle mise sur la révision programmée dès 2015. Il est peu probable que l'investissement en actions mobilise les assureurs français. Après avoir obtenu une mesure d'atténuation sur les exigences de capital pour les actions correspondant à des engagements de contrats retraite, les Français, isolés sur le sujet, ont simplement décidé de réduire leur exposition aux actions. De 20 % d'actions, Groupama va passer entre 5 % et 7 %, a indiqué Helman le Pas de Sécheval, et les 2 % des encours investis dans le private equity vont passer à 0. Chez Axa, la part actions a déjà été réduite, et la part du private equity devrait être maintenue à son niveau d'audjourd'hui, selon Henri de Castries. Reste à savoir qui investira dans ces actifs en l'absence de fonds de pension français.

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