Face à la crise, Sarkozy veut « protéger »

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L'exercice avait été balisé à l'avance par l'Élysée. Un « grand oral » télévisé d'une heure et demie pour tenter de convaincre les Français de la justesse des décisions prises face à la crise. Une intervention calée une semaine après la mobilisation sociale réussie contre la politique économique de Nicolas Sarkozy et au moment où la cote de popularité du chef de l'État dévisse à nouveau dans l'opinion. Ces derniers jours, tant dans l'entourage du président de la République que dans celui du Premier ministre, François Fillon, on a répété à l'envi qu'il n'était pas question d'un « changement de cap ».Le plan de relance présenté le 4 décembre par Nicolas Sarkozy est basé sur l'investissement, que le chef de l'État considère comme le seul moteur à même de faire redémarrer l'économie et l'emploi. La gauche réclame un changement de politique économique et une relance par la consommation. Nicolas Sarkozy n'a pas cédé, sur ce point. Pas question de relancer la consommation, au risque d'alimenter surtout les importations. Mais outre sa volonté de discuter d'un partage plus juste des profits, il a annoncé des mesures ciblées pour aider les victimes de la crise. Il veut soumettre plusieurs pistes à la discussion avec les partenaires sociaux, reçus le 18 février. Meilleure indemnisation du chômage partiel. Le chômage partiel est aujourd'hui indemnisé à hauteur de 50 % ou 60 % de la rémunération. « Je trouve qu'on doit aller plus loin », a déclaré Nicolas Sarkozy. Aide aux salariés en bas de la classe moyenne. Le chef de l'état suggère plusieurs pistes, pour donner du pouvoir d'achat aux salariés « en bas de la classe moyenne ». Il évoque pour ceux-ci, soit une suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, soit une annulation du versement du deuxième tiers, ou une hausse des allocations familiales pour certaines catégories. Autant de mesures voulues temporaires, et soumises elles aussi à discussion avec les partenaires sociaux. Elles seront financées au moins en partie par les intérêts que l'État touche sur les sommes prêtées aux banques (25 milliards d'euros au total). Ces intérêts représenteront 1,4 milliard d'euros en 2009, selon le président. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy veut demander à l'industrie automobile, qui sera aidée, de cesser de délocaliser, voire de relocaliser certaines usines. En contrepartie, la taxe professionnelle serait amenée à disparaître. Suppression de la taxe professionnelle en 2010. La taxe professionnelle sera supprimée en 2010, a dit Nicolas Sarkozy chiffrant le coût pour l'état à 8 milliards d'euros, alors que la TP rapporte 20 milliards. La suppression de cet impôt ne concernerait que les investissements, et non les bâtiments. Une cotisation minimale de taxe professionnelle, basée sur la valeur ajoutée, subsisterait. L'élysée a précisé que le champ des investissements exonérés est encore en discussion : soit la suppression de la TP concerne seulement les investissements réalisés à partir du 23 octobre 2008, soit l'ensemble des équipements déjà installés seront concernés. n

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