Un multilatéralisme tempéré
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Les partisans d'une réforme en profondeur de l'architecture financière internationale ont accueilli la victoire de Barack Obama avec enthousiasme. La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a indiqué hier qu'elle serait « très étonnée » que Barack Obama ne souhaite pas « avancer dans la même direction » que l'Union européenne, « c'est-à-dire plus de supervision » et des « marchés organisés ». Un nouveau Bretton Woods ne pourra pas voir le jour sans le soutien de la première place financière au monde. « très flou »Toutefois le successeur de George W. Bush est resté « très flou sur ces questions », explique Thomas Snegaroff, historien et auteur avec François Durpaire de « L'Unité réinventée, les présidents américains face à la nation » (Édition Ellypse). Le candidat démocrate avait accueilli avec satisfaction l'annonce par la Maison-Blanche de la tenue le 15 novembre d'un sommet des 20 premières puissances de la planète (G20) à Washington pour jeter les bases d'un nouveau Bretton Woods. « Les États-Unis doivent prendre l'initiative mais les autres pays doivent faire partie de la solution », avait alors expliqué Barack Obama. « Mais il est clair qu'à ce stade, Barack Obama n'a rien de précis en tête sur le sujet », estime Jacques Mistral, économiste à l'Institut français des relations internationales (Ifri). La réunion du 15 novembre risque de déboucher sur des avancées mineures. En premier lieu, la réunion a été convoquée par George W. Bush. Or, plus personne n'attend rien de cette administration. Barack Obama a indiqué qu'il n'y participerait pas. George W. Bush doit demeurer à la Maison-Blanche jusqu'au 20 janvier. En second lieu, « l'idée même de refonder le capitalisme mondial est tout simplement absurde pour le monde anglo-saxon, cela désigne des choses incompréhensibles pour les Américains », explique Jacques Mistral. George W. Bush a répété son attachement à la libre entreprise et à tout ce qui pourrait l'entraver, indiquant clairement qu'il n'entendait pas enfermer l'industrie financière américaine dans un carcan trop étroit. Même si des conseillers de Barack Obama participent à ce sommet, ils ne seront probablement pas en mesure de peser sur son issue. Barack Obama a toujours montré son attachement au multilatéralisme. « Mais il n'a pas besoin de l'avis des Français ou des Brésiliens pour encadrer leurs hedge funds ou leurs banques d'investissement », analyse Jacques Mistral. Le futur président a pris ses distances avec Wall Street mais il n'écarte pas de nommer un républicain au Trésor. Le nom d'Henry Paulson, aux manettes depuis le début de la crise, a été évoqué mais il a déjà fait savoir qu'il ne resterait pas à son poste après le départ de George W. Bush. Le nom du président de la Réserve fédérale de New York, Tim Geithner, a également été évoqué. Lui aussi un républicain. Xavier Harel
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