Banque d'Angleterre et BCE vont frapper fort

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L'ère des petits pas en matière de politique monétaire est bel et bien révolue. C'est sur un demi-point qu'avait porté la baisse concertée de six grandes banques centrales décidée le 8 octobre dernier. C'est d'un demi-point que la Réserve fédérale a à nouveau réduit le taux cible des fonds fédéraux à l'issue de son conseil du 29 octobre, le ramenant à 1%. C'est de trois quarts de points que la Banque de réserve d'Australie a desserré l'étau mardi. La Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre ne se contenteront sûrement pas du traditionnel quart de point ce jeudi, à l'issue de leurs conseils respectifs, même s'il faut remonter à juin 2003 pour retrouver un mouvement de plus forte amplitude pour l'institut d'émission de Francfort et à novembre 2000 pour celui de Londres, exception faite de la décision d'octobre, à laquelle elles avaient toutes deux participé.Pour la Banque centrale européenne, c'est Jürgen Stark, son chef économiste, qui a donné le ton hier. Cet ancien de la Bundesbank, dont la réputation de « faucon » ne s'est jamais démentie durant sa longue carrière, a tenu des propos carrément stupéfiants sur la situation économique de la zone euro, laissant anticiper un assouplissement monétaire d'au moins un demi-point, à 3,25 %. Stark a estimé que la crise financière aurait « des conséquences graves auxquelles nous serons confrontés pendant des années », ajoutant que la croissance serait très faible pendant une grande partie de l'année 2009 et qu'on ne pouvait pas exclure une période temporaire de déflation. Face à cette situation, concluait-il, la BCE déploiera toutes les armes de son arsenal, celle des taux d'intérêt en étant la principale. La conférence de presse du président Jean-Claude Trichet constituera le moment fort de la journée, puisqu'il pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ouverture des vannes en décembre. Pour la mi-2009, les économistes tablent désormais sur un taux directeur de 2 % à 2,50 %.L'urgence est plus impérieuse encore pour la Banque d'Angleterre, dont les taux ont toujours été supérieurs à ceux de la BCE depuis la naissance de l'euro, et dont le loyer de l'argent s'élève encore à 4,5 %, malgré une croissance négative de 0,5 % au troisième trimestre, une première depuis 1992. La contraction pourrait être plus forte encore sur les trois derniers mois de l'année. On a appris hier que l'indice des directeurs d'achats du secteur des services était tombé à un plancher historique de 42,4 en octobre, ce qui pourrait conduire les « sages » de la vieille dame de Threadneedle Street à réduire de trois quarts voire même d'un point entier son taux directeur, ce qui n'est pas arrivé depuis 1992. Certains observateurs vont jusqu'à envisager une chute du loyer de l'argent jusqu'à ? 1 % en 2009. Verdict ce jeudi.Isabelle Croizard

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