L'État belge devient le premier actionnaire de la banque

Patience et prudence ont payé. Trois ans après avoir renoncé, tout près du but, à reprendre Fortis, BNP Paribas revient à la charge et emporte le morceau. Sa parfaite connaissance du dossier, du management et des gouvernements l'ont aidé pour réussir, aussi rapidement, cette opération. En rachetant les activités de Fortis en Belgique et au Luxembourg, BNP Paribas, banque française la moins touchée par la crise des subprimes, satisfait les attentes d'un marché qui attendait d'elle un mouvement. Elle le fait avec ampleur, sans néanmoins prendre de risque sur une opération qui serait susceptible d'effrayer les investisseurs. Au contraire, cette acquisition semble aujourd'hui réalisée dans les meilleures conditions.En reprenant Fortis, BNP Paribas fait légèrement évoluer son modèle pour affirmer la primauté de la banque de détail qui représentera désormais 57 % de ses revenus. L'acquisition en pleine crise de liquidité bancaire d'un nouveau réseau qui confère la première place dans les banques de dépôts en Europe constitue une avancée stratégique majeure. Désormais, le ratio crédit-dépôts de BNP Paribas égale 100 %.En second lieu, le financement et le montage de l'opération ont de quoi conforter les marchés. En effet, sur une opération de 14,5 milliards d'euros, la banque n'en paie qu'un gros tiers en cash. Mais surtout, en payant le solde en titres BNP Paribas, elle réalise un double effet positif. En finançant l'opération sur la base d'un titre à 68 euros, elle propose une décote très limitée (environ 4 % par rapport au cours de clôture de vendredi dernier) se mettant ainsi dans une position de force.Mais la principale réussite de l'opération est l'émission de ces titres réservée aux deux gouvernements, belge et luxembourgeois. Car ceux-ci réunis deviennent le principal actionnaire de la banque (avec respectivement 11,6 % et 1,1 %). Ces deux actionnaires ont l'avantage de la stabilité et de la solidité. Notés AAA par les agences de notation, leur signature, comme celle de la plupart des grands États souverains, est la seule qui trouve aujourd'hui grâce aux yeux des investisseurs sur les marchés. Elle offre donc une garantie supplémentaire de taille pour la banque.Enfin, en réalisant l'opération Fortis, BNP Paribas réussit à annoncer dès aujourd'hui au marché qu'elle sort plus forte qu'avant. D'une part, elle a indiqué hier que l'acquisition impactera positivement le bénéfice par action dès la première année. D'autre part, la banque a souligné que l'acquisition " va renforcer sa structure financière ", le ratio tier one s'améliorant de 35 points de base. Dans un contexte de tempête pour les valeurs financières hier, l'annonce de BNP Paribas n'a été que relativement appréciée, l'action perdant 5,35 % en clôture.

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