UniCredit sacrifie sa stratégie à l'Est

UniCredit gèle ses plans de développement pour faire face à la spéculation boursière qui a fait chuter sa capitalisation la semaine dernière. La deuxième banque italienne a en effet non seulement décidé d'augmenter son capital de 6,6 milliards d'euros mais elle renonce aussi à l'ouverture de 500 agences l'an prochain en Europe centrale et de l'Est. Son administrateur délégué, Alessandro Profumo, a motivé hier matin ce " gel " du développement à l'Est par la nécessité de contrôler les coûts pesant sur son établissement. Ce retard ou même ce renoncement à agrandir son réseau de banques de détail dans 20 pays à l'Est (Turquie incluse) devrait permettre à UniCredit d'économiser environ 200 millions d'euros.Dans son plan triennal de développement présenté en juin dernier, le réseau de banques de détail en Europe de l'Est était la seule division dans laquelle UniCredit entendait investir d'ici 2010, à savoir au total 500 millions d'euros pour l'ouverture de 1.300 agences. En Europe occidentale (Italie, Allemagne, Autriche), la banque milanaise réduit en revanche son personnel de 9.000 emplois. Et après ses déconvenues dans la banque d'investissement qui l'obligent encore à provisionner dans ses comptes 700 millions d'euros au troisième trimestre de cette année, UniCredit a choisi de réduire son activité dans ce segment.AUGMENTATION DE CAPITALDans une interview à Bloomberg Television, Alessandro Profumo a d'ailleurs reconnu qu'il " aurait pu attendre " plutôt que d'effectuer plusieurs acquisitions depuis trois ans (en Ukraine, au Kazakhstan, Russie...), qui ont fait baisser le ratio de solvabilité (Core Tier One) d'UniCredit à 5,5 % et l'obligent aujourd'hui, pour hisser ce ratio à 6,7 %, à lancer une augmentation de capital qu'il avait démentie pendant des mois.UniCredit affirme toutefois ne pas vouloir sortir de ces marchés à l'Est. La nouvelle prudence affichée est peut-être liée à la possible expansion de la crise financière à ces pays de l'Est, dans lesquels UniCredit espérait encore au printemps profiter d'une croissance économique de 5,5 % par an jusqu'en 2010 pour y faire croître de 20 % par an son produit net bancaire. La banque a d'ailleurs fait hier un avertissement sur son résultat annuel 2008 : elle ne vise plus qu'un bénéfice annuel de 5,2 milliards d'euros au lieu de 6,93 milliards.

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