Crise ou pas, les banques recrutent
La Tribune
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Comment se fait-il que, en pleine crise, un secteur recrute encore et de manière massive ? Car c'est un fait, les banques n'ont pas ralenti le rythme de leurs embauches de jeunes et de moins jeunes, soit 6.000 nouveaux cadres au total en 2009, selon l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). Pourtant, dans le même temps, le baromètre Apec du marché de l'emploi des cadres a atteint, au deuxième trimestre 2009, son plus bas niveau depuis sa création en 2002?Comment expliquer ce paradoxe ? Tout d'abord par la pyramide démographique du secteur bancaire. Les salariés recrutés en masse dans les années 1970 arrivent à l'âge de la retraite. « Nous prévoyons 1.500 départs en retraite par an jusqu'en 2012 pour la seule Société Générale », précise Sandie Rozental, directrice du recrutement du groupe, qui annonce 2.000 embauches de cadres en 2009. « D'ici trois ans, près de la moitié des collaborateurs de la banque auront moins de cinq ans d'anciennet頻, témoigne Claire Michiels, responsable du recrutement du groupe Crédit du Nord. Et selon Jean-Claude Guéry, directeur des affaires sociales de l'Association française des banques (AFB), la tendance n'est pas près de s'inverser. « Le tiers des effectifs actuels a plus de 50 ans, observe-t-il. Bien que le nombre d'embauches ait été, l'an dernier, inférieur à celui des départs pour la première fois depuis sept ans, cela laisse des perspectives importantes d'embauches pour les dix à quinze prochaines années. »Profils élevésDeuxième explication : « La volonté des banques de mieux répondre aux demandes de conseil des clients les conduit à recruter des profils plus élevés », assure Jean-Claude Guéry. Aussi, la part des cadres parmi les nouvelles recrues ne cesse d'augmenter pour atteindre 45 % en 2008, soit 15,3 % de plus qu'en 1998. « Le développement de nos activités de banque de détail notamment et les nouveaux produits et services que nous proposons créent en permanence des besoins de recrutement », justifie Florence Le Got, responsable du recrutement pour le groupe BNP Paribas. Logiquement, les cadres commerciaux, appelés entre autres à gérer une clientèle de professionnels, de PME ou à faire de la gestion de patrimoine, sont de fait en tête des profils les plus recherchés.Ces modifications de fond concernent tout l'Hexagone et tous les métiers. Les commerciaux sont recherchés dans toute la France, comme chez HSBC, qui vient de procéder à une réorganisation de ses points de vente. « Nous avons scindé notre réseau en deux segments, particuliers et entreprises, eux-mêmes spécialisés : selon la cible côté particuliers, et le chiffre d'affaires côté entreprises, explique Véronique Leenhardt, responsable du « sourcing » et des relations écoles de la banque d'origine britannique. Ainsi chacune de nos agences est très ciblée et nos besoins portent avant tout sur des cadres de plus de deux ou trois ans d'expérience. »Nouveaux besoinsLes banques recrutent aussi, en moindre mesure, sur les fonctions supports, plutôt basées en Île-de-France. Ainsi, les postes d'expertise juridique, comptable, RH, qui occupent près d'un salarié sur cinq, n'ont représenté que 16,7 % des embauches en 2008, selon l'AFB. « Nous prévoyons entre autres une trentaine de recrutements d'informaticiens spécialisés pour notre filiale Cedicam, pour travailler sur le projet de développement d'une plate-forme européenne des moyens de paiement », annonce par exemple Nathalie Rauhoff, responsable du recrutement groupe de Crédit Agricolegricole SA. Derrière ces recrutements massifs, de nouveaux besoins apparaissent en effet régulièrement pour des profils pointus dans l'informatique, le contrôle de gestion ou le contrôle des risques. Catherine Gaudenz
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