« L'Europe doit se concentrer sur les grands dossiers »

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mario mauro, vice-président du parlement européenLe médiocre taux de participation aux élections européennes porte un rude coup à la crédibilité de l'ensemble du projet européen », estime Mario Mauro, député européen depuis 1999 et vice-président du Parlement de Strasbourg. Pour remédier à ce problème, ce proche de Silvio Berlusconi estime que « la solution n'est pas d'améliorer la communication portant sur le travail des institutions européennes mais d'associer davantage les citoyens aux décisions, en renforçant le rôle du Parlement européen, la seule institution soumise au vote populaire ». D'ailleurs tout comme « les peuples français et néerlandais avaient été écoutés après leur rejet de la Constitution, il serait juste de récompenser ceux ayant le plus voté aux élections d'hier, propose-t-il. Les Italiens, qui affichent un des plus forts taux de participation, devraient obtenir satisfaction dans leur volonté de promouvoir une politique européenne commune en matière d'immigration, d'énergie et de politique étrangère et de défense ».Lassé de la faiblesse et de l'éparpillement des ambitions actuelles européennes, Mario Mauro souhaite que l'Union européenne se concentre sur ces « quelques grands dossiers : peu nombreux mais importants ». « Le mois prochain au Parlement, nous devrons définir quel mandat nous donnerons à la prochaine Commission pour un nouvel élan de l'intégration européenne pouvant convaincre les citoyens. » La nouvelle Commission pourrait faire sienne l'idée de Mario Mauro de lancer un « emprunt européen » (Eurobonds), c'est-à-dire « une dette publique externe pour financer des infrastructures ». Il plaide pour « aller au-delà de la simple coordination entre la Banque centrale européenne (BCE), les banques centrales nationales et les institutions de surveillance financière, donc dire plus clairement qui fait quoi et donner un profil politique à la BCE ». Son groupe parlementaire, le PPE, réussira-t-il à reconduire José Manuel Barroso à la tête de la Commission ? Mario Mauro admet qu'« une certaine forme d'accord avec au moins une partie du groupe parlementaire socialiste devra être trouvée ». Mais « il y a plusieurs scénarios possibles comme une entente avec le groupe libéral, avec les conservateurs britanniques sortis du PPE ».adhésion de la turquieLa discussion sur les autres postes clés de l'Union, comme celui du président du Conseil européen, pour lequel Berlusconi propose Blair ou Aznar, ou le haut-représentant pour la Politique étrangère ne commencera, selon lui, qu'une fois ratifié définitivement le traité de Lisbonne, introduisant ces nouvelles responsabilités. Mais une fois ces derniers nommés, Mario Mauro souligne que « le discours d'une personnalité parlant au nom de 27 États qui ne sont pas l'Utah, le Wyoming et le Kansas, mais la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne et les autres avec leur poids culturel, historique et politique, aura plus d'impact que le président Obama la semaine dernière au Caire ». Tout en voulant la réalisation « du marché intérieur européen par l'harmonisation, sans augmenter la bureaucratie et étouffer la créativit頻, le probable prochain président du Parlement européen juge « important de travailler pour ôter les obstacles à l'adhésion de la Turquie à l'UE », alors que ses collègues français et allemands du PPE sont opposés à cette adhésion. Frank Paul Weber, à Milanrenvoi interview sur le site Internet

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