Vague bleue au Parlement européen sur fond d'abstention

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Sans surprise, le nouveau Parlement européen sorti des urnes hier sera, comme le précédent, dominé par le centre-droit. En dépit de la crise sévère qui frappe tous les pays européens, la gauche social-démocrate a subi une déroute. Là où elle était au pouvoir, comme en Espagne, en Autriche, au Royaume-Uni, elle a été sanctionnée. Dans l'opposition, comme en France, en Italie, en Allemagne, mais aussi en Pologne ou en République tchèque, elle n'a pas su drainer le vote protestataire. À l'inverse, les partis de droite et de centre-droite réalisent de bons scores, comme par exemple en Allemagne, où en dépit d'un recul par rapport à 2004, les conservateurs de la chancelière allemande Angela Merkel arrivent largement en tête, selon un premier sondage sortie des urnes, avec 38 % des voix.repli nationalEn France, l'UMP recueille près de 28 % des voix, et en Italie, la victoire du parti du Premier ministre Berlusconi paraissait acquise. Autres grands gagnants de ce scrutin : les partis écologistes, qui semblent profiter de l'affaissement de la social-démocratie, et captent le vote centriste, notamment en France, tandis que les extrêmes ne réalisent pas la percée que l'on attendait, même si on observe une radicalisation de la droite en Flandre et plus encore aux Pays-Bas. « On observe une européanisation des tendances politiques », relève Jean-Luc Sauron auteur du « Parlement européen » (Gualino).La mobilisation, elle, a été exceptionnellement faible avec une abstention de 59 % % en moyenne (contre 54,60 % en 2004), et de 80 % à l'est du continent. Enjeu illisible, impact sur la Commission européenne peu clair, instrumentalisation de la campagne par les partis nationaux?La vague bleue de ce dimanche va-t-elle changer la donne au sein du Parlement européen ? Même s'il atteignait les 269 sièges (sur 736), le grand parti centre-droit ne pourrait pas se passer d'alliés. Jusqu'à présent, le Parti populaire européen (PPE) a privilégié une alliance avec le Parti socialiste européen. Les semaines à venir montreront si le PPE cherche à s'en affranchir et regarde par exemple du côté des libéraux. Par ailleurs, la poussée verte est telle, notamment en France et en Belgique francophone, et dans une moindre mesure en Allemagne, que d'aucuns hier spéculait sur la formation d'une majorité à gauche qui barre la route à José Manuel Barroso. Le groupe des Verts pourrait dépasser les 60 députés (sur 736) quand les sondages leur en donnait une grosse quarantaine. n

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