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L'intérêt des banques est de rester impliquées en Europe de l'Est

La Tribune

Publié le 20 juillet 2009 à 23:37 - Mis à jour le 20 juillet 2009 à 23:37

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Erik Berglof, chef économiste à la BerdL'Europe émergente est-elle au- jourd'hui encore menacée d'une crise systémique ?Le risque de contagion peut provenir essentiellement de la forte pénétration des banques de l'Europe de l'Ouest dans cette région. Leur présence, on l'a vu dans le cas des banques autrichiennes ou suédoises, est parfois vraiment massive, et le risque est réel. À mon sens, les institutions internationales n'ont pour l'heure pas suffisamment agi, notamment en matière de tests de résistance. Il faudrait pour que de telles simulations soient efficaces qu'elles soient non seulement menées auprès des maisons mères mais aussi auprès des filiales présentes dans ces régions.Est-ce à dire que les banques européennes ne sont pas suffisamment capitalisées pour supporter les pertes en cas de récession plus longue ?C'est un point extrêmement important. Il faudrait en effet que les autorités communiquent sur les résultats des tests de résistance, et qu'elles le fassent une fois seulement que les banques insuffisamment capitalisées auront établi des programmes clairs en vue de lever des capitaux. Aujourd'hui, les banques ne sont pas nécessairement en moins bon état que ce qu'imaginent les investisseurs sur les marchés financiers, mais l'incertitude qui entoure leur situation réelle est trop importante. C'est cette incertitude qui les empêche de prêter de manière plus offensive.A-t-on cependant une estimation du besoin de recapitalisation du système bancaire global en Europe centrale et de l'Est ?Les estimations, hors Russie et Kazakhstan, oscillent entre 50 et 100 milliards d'euros, mais, comme je l'ai dit précédemment, ces évaluations sont très hypothétiques et, de surcroît, ce besoin risque d'avoir une implication sur une bien plus longue période.La Berd a déclaré vouloir accroître son aide aux « banques dites systémiques ». Un fonds de 25 milliards d'euros a été mis en place avec la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement [BEI] en vue d'inciter les banques à ne pas abandonner leurs filiales. Est-ce suffisant ?Les banques stratégiques ont un intérêt de long terme à rester impliquées en Europe centrale et de l'Est, mais elles craignent que le retrait d'une seule d'entre elles ne vienne fragiliser tout le système bancaire régional. Il nous fallait donc mener une intervention coordonnée au niveau européen et international en vue de faire pression sur ces banques, et leur donner la possibilité de poursuivre leur engagement dans la région. Cette initiative a pour but de les soutenir durant cette période difficile et de les encourager à prendre part à un travail coordonné avec les autres banques et les autorités. Pour l'heure, la coordination dans le secteur privé et le renforcement des fonds du FMI ont permis une stabilisation de la situation par rapport à ce qu'elle était au début de l'année.N'y a-t-il pas une sorte de paradoxe car, il y a quelques années, ces pays étaient considérés comme plus fragiles car moins ouverts aux capitaux étrangers, et aujourd'hui ils sont les plus affectés par leur retrait ?Le principal moteur de la croissance économique en Europe centrale et orientale a été celui de l'intégration, associée à l'arrivée d'un flux de capitaux des pays riches. Ce modèle de développement s'est traduit par une amélioration sensible du fonctionnement de ces économies et par la hausse du niveau de vie. Mais il a aussi montré ses limites à l'occasion de la crise actuelle, particulièrement dans le domaine bancaire. Nous avons encouragé ces économies à s'ouvrir aux investissements des banques occidentales, mais nous avons omis de leur donner le cadre réglementaire nécessaire à leur protection face aux aléas de cette intégration. Toutefois, bien que l'ouverture de ces pays les ait rendus plus vulnérables aux fluctuations des marchés de capitaux globaux, ceux qui ont mené une intégration plus approfondie que les autres sont également aujourd'hui les moins vulnérables à la crise. En d'autres termes, et à l'exception des pays Baltes, les pays les moins mis à mal par la crise sont aussi ceux où la présence de banques étrangères est aussi la plus importante. Au Kazakhstan, un des pays les plus touchés, il n'y a pas de banques étrangères. En Ukraine et en Russie, il y en a également très peu. n Les estimations, de recapitalisation, hors Russie et Kazakhstan, oscillent entre 50 et 100 milliards d'euros.

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