La crise du crédit menace l'automobile

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Ventes en baisse, conjoncture peu porteuse... on savait le secteur de l'automobile déjà bien déprimé mais la crise financière devrait noircir encore la situation. La frilosité des banques a fortement ralenti l'irrigation du marché et rendu d'autant plus difficile les conditions d'accès au crédit. Et c'est là que le bât blesse car, selon une étude publiée en fin de semaine dernière par Sofinco, trois véhicules neufs sur quatre en France sont acquis par les particuliers grâce à un financement. Le rapport descend à un pour deux pour les voitures d'occasion. Le recours au crédit s'avère donc nécessaire si l'on sait que " le prix moyen d'une automobile financée neuve ou d'occasion est de 18.100 euros, soit la moitié du salaire annuel moyen d'un ménage en France ", relève l'étude.Les signes avant-coureurs d'une spirale à la baisse sont là. " Selon les derniers chiffres de l'ASF (Association française des sociétés financières) - qui regroupe les sociétés spécialisées de crédit et les filiales captives [financières, Ndlr] - la production de nouveaux financements sur le mois d'août est pour la première fois à zéro alors qu'elle était en hausse de 3,6 et 4,8 % sur la même période sur les deux dernières années ", souligne Nicolas Pecourt, l'auteur de l'étude Sofinco. Une tendance lourde de sens pour le secteur si l'on sait que le budget automobile des ménages représente un tiers des encours de crédit à la consommation en France, soit actuellement 40 milliards d'euros.CHANGEMENT DE COMPORTEMENT DES CONSOMMATEURSEt encore... Si inquiétants soient-ils pour la consommation en général et le marché automobile en particulier, ces chiffres ne sont que le reflet d'un changement de comportement des consommateurs face à la baisse de leur pouvoir d'achat. Autrement dit cette tendance ne prend pas encore en compte les effets de la crise financière et de celle du crédit du mois de septembre.Le phénomène est assez grave pour inquiéter les constructeurs eux-mêmes. " S'il y a moins d'argent disponible, nous accorderons moins de crédit à nos clients, ce qui fera à son tour baisser le marché ", reconnaissait en substance la semaine passée Carlos Ghosn à l'occasion de l'ouverture du Mondial de l'automobile. Sans compter les dégâts que cela pourrait engendrer sur les filiales captives qui représentent avec les sociétés financières spécialisées 27 % des achats de voitures particulières neuves. Que dire aussi des sociétés de leasing (11 % des achats) dont la contribution s'est considérablement accrue depuis 2000 - à une moyenne de 14 % par an - à l'heure où des fortes inquiétudes pèsent sur les mêmes structures financières outre-Atlantique.

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