Une maison intelligente au service des personnes âgées

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En apparence, rien de plus standard que cet appartement de deux pièces dont les fenêtres donnent sur des pins parasol. En apparence, seulement. Car ce bâtiment, conçu par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) et situé au coeur de la technopole de Sophia-Antipolis, n'est autre qu'un laboratoire expérimental muni d'une multitude de capteurs. Son objectif : mettre au point un bâtiment intelligent destiné aux personnes âgées vivant seules, capable d'informer l'entourage d'une éventuelle dégradation de leur état de santé. " L'idée nous est venue après la canicule. Nous nous sommes demandé comment un bâtiment pouvait jouer un rôle préventif ", indique Alain Anfosso, le responsable du projet.Car avec Gerhome, on est loin de la téléalarme qui n'intervient qu'après le malaise ou la chute. Là, des capteurs placés dans les équipements de la maison, plaques électriques, placards, fauteuils, robinets, etc., permettent de repérer dérives ou comportements à risques. La personne se lève-t-elle de plus en plus tard ? Reste-t-elle plus souvent et plus longtemps assise dans son fauteuil ? Saute-t-elle des repas ? Met-elle plus de temps pour se déplacer d'une pièce à l'autre ? Un signal est alors transmis à la famille ou au personnel soignant. À la base du dispositif, des capteurs de pression rendus communicants grâce à un protocole de radiofréquence basse consommation et un logiciel d'analyse des données.Quatorze volontaires de plus de 65 ans, en pleine forme, ont déjà testé cet appartement. En 2009, le système sera déployé dans cinq logements et dans trois chambres d'une maison de retraite. La partie technique est au point. " Reste à fixer des valeurs seuils afin d'être en mesure de déterminer ce qui relève du normal ou du pathologique ", précise Véronique Mailland, gériatre au CHU de Nice, associée au projet. Le CSTB s'inquiète de l'acceptabilité d'un tel dispositif. Certes, les informations traitées par le logiciel ne sortiront pas de l'appartement." BEAUCOUP PLUS TARD"Seul un signal alertera l'entourage en cas d'anomalie. Il n'empêche, la Cnil (Commission nationale informatique et liberté) aura son mot à dire et l'utilisation d'un tel dispositif devra être réglementée. Bref, la commercialisation n'est pas pour tout de suite. Ce qui tombe plutôt bien. Les volontaires qui ont testé Gerhome repoussent l'idée d'en équiper leur maison à " beaucoup plus tard ". Mais en trouvent néanmoins le principe acceptable dans la mesure où il pourrait leur éviter la maison de retraite...

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