« Nous venons d'obtenir un Grenelle des services »

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Georges Drouin, président du groupement des professions de servicesEn cette année de crise, comment se portent les services ?Dans notre périmètre qui inclut le tertiaire marchand hors commerce, l'activité résiste mieux à la crise que ce qu'on pouvait craindre. Certains secteurs sont plus dépendants de la conjoncture : l'intérim (avec une baisse de 5,8 % au 1er trimestre), les transports (? 8,4 %) et les organisateurs de transports (? 12 %). Mais la situation est contrastée, avec les services informatiques qui progressent de 2,5 %, le conseil en gestion de + 0,9 % et le nettoyage de + 1,1 %.Comment expliquez-vous cette relative résistance ?Il y a trois raisons majeures. La première, c'est que la consommation de services est équivalente à celle de produits dans la vie des Français. Ensuite, beaucoup de services, tels que les délégations de services publics ou les assurances, sont contractualisés sur un, deux, cinq ou vingt ans. Et sont donc moins dépendants de la conjoncture que d'autres. Enfin, dans le B to B, 60 % de la consommation de services est faite par des entreprises de services elles-mêmes.Quel est l'impact de la crise sur l'emploi dans le secteur ?Dans l'intérim, l'impact est très fort puisque près de la moitié du chiffre d'affaire de l'intérim se fait avec l'industrie, qui souffre considérablement. Mais, hors intérim, les gens ont conservé leur emploi, ce qui se traduit par une baisse de productivité, donc de profitabilité.Quelles sont les mesures susceptibles d'encourager l'emploi ?D'abord, je voudrais dire qu'il y a des choses dont nous ne voulons pas. Dans ce pays, on pense que les services se sont développés tout seuls. Et on se permet même le luxe de prendre des mesures contraignantes. J'entends, par exemple, qu'on veut revenir sur les allégements de charges. Mais, si l'on diminue les exonérations de charges, 800.000 emplois seront détruits. Soit l'équivalent d'une crise. Il faut bien mesurer les conséquences de cette affaire. De même, la taxe professionnelle représente parfois l'équivalent d'un treizième ou d'un quatorzième mois par salarié. Toute mesure qui affaiblit l'emploi doit être regardée avec prudence.Qu'attendez-vous des pouvoirs publics ?En France, il n'y a pas de politique pour les services, ni même de ministre de tutelle. Il y a des mesures ponctuelles pour la restauration, les services à la personne? En revanche, il n'y a pas de politique globale. Nous venons d'obtenir la création d'une commission permanente de concertation des services (CPCS), une sorte de Grenelle des services. Le décret doit être publié tout prochainement. Dès qu'elle sera créée, cette commission pourra établir un diagnostic des professions de services et réfléchir aux mesures à prendre pour développer l'activité et l'emploi. n

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