L'ONU s'inquiète de l'explosion des trafics en Afrique de l'Ouest

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commerce illégalFin février, le fils aîné du défunt président guinéen Lansana Conté était arrêté par la junte militaire au pouvoir pour son implication présumée dans un trafic de drogue. L'arrestation d'Ousmane Conté s'apparenterait à un simple règlement de comptes s'il n'était pas soupçonné depuis plusieurs années d'être le parrain du trafic de cocaïne en Guinée-Conakry, un petit pays d'Afrique de l'Ouest coincé entre la Sierra Leone et la Guinée-Bissau. Un rapport du département d'État américain sur les stupéfiants dans le monde évoquait déjà en 2008 à propos de la Guinée-Conakry « des membres de la famille de hauts responsables gouvernementaux » impliqués dans le trafic de drogue. En quelques années, l'Afrique de l'Ouest est devenue une importante plaque tournante du trafic de cocaïne à destination du marché européen. Une étude de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime estime qu'une vingtaine de tonnes de cocaïnes produites en Amérique latine (Colombie, Pérou, Bolivie) transite chaque année par l'Afrique de l'Ouest, où la Guinée-Conakry et la Guinée-Bissau sont devenues des plaques tournantes majeures. La cocaïne, qui arrive par bateau ou par avion, est ensuite réexportée vers le marché européen. Le recours aux mules, c'est-à-dire des particuliers transportant jusqu'à 2 kg de cocaïne, est le mode de transport le plus fréquent. Au moins 1.400 mules ont été arrêtées depuis 2004, selon l'ONU. Plus de la moitié d'entre elles étaient originaires du Nigeria. Au total, calcule l'ONU, plus du quart de la cocaïne entrée en Europe en 2006 a transité par l'Afrique de l'Ouest. Ces flux ont reculé depuis 2007 pour ne plus représenter qu'une vingtaine de tonnes en 2008, soit 14 % de la drogue destinée au marché européen. Cette importance croissante de l'Afrique de l'Ouest dans l'organisation des trafics est liée à sa perméabilité au crime organisé, selon l'ONU. « Ces trafics menacent une région déjà fragile en minant l'application de la loi et en nourrissant la corruption », s'inquiète le directeur de l'agence Antonio Maria Costa. « L'Afrique de l'Ouest n'en est que plus sujette à l'instabilité politique », poursuit-il.grave probleme sanitaireD'autant que la cocaïne n'est pas le seul trafic traversant la région. Au Nigeria, 55 millions de barils (10 % de la production) seraient dérobés dans le Delta du Niger nourrissant une violence endémique. Dans certains pays d'Afrique de l'Ouest et du Nord, jusqu'à 80 % des cigarettes proviennent de la contrebande. Plus de la moitié des médicaments vendus en Afrique occidentale sont des contrefaçons, ce qui constitue un grave problème sanitaire pour les populations. L'Afrique de l'Ouest, tout particulièrement le Nigeria et le Ghana, est une destination majeure pour les déchets industriels tout particulièrement informatiques. n

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