Paris prêt à investir dans des établissements défaillants

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Nicolas Sarkozy et François Fillon persistent et signent : les Français n'ont rien à craindre pour leurs dépôts puisque l'État ne laissera aucune banque faire faillite en France. Pour crédibiliser ce discours, le Premier ministre a annoncé hier à l'Assemblée nationale la création d'une structure nouvelle entièrement détenue par l'État, la Société de prise de participation de l'État (SPPE), qui prendra des participations dans des banques en difficulté en tant que de besoin. Cette structure, qui existe depuis quelques jours, porte déjà l'investissement réalisé par l'État dans Dexia à hauteur de 1 milliard d'euros. Pour aller plus loin, elle pourra lever des fonds sur le marché obligataire (aucune limite ne sera fixée). Elle bénéficiera pour ce faire de la garantie de l'État, sans que cela pèse sur le budget. Le Parlement en sera saisi lors de l'examen du budget.MINORITE DE BLOCAGEEntre la garantie totale du passif des banques, décidée par le gouvernement irlandais, et la prise de participation massive dans des établissements financiers, réalisée par l'exécutif britannique, Paris opterait donc, en cas de faillite bancaire, pour cette deuxième option. " Il n'y pas de troisième possibilité " souligne Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis. Il est vrai que, compte tenu de la crise de confiance actuelle, l'hypothèse de défaillance d'une banque française n'est plus exclue. Pourquoi créer une société quand l'État pourrait investir directement ? " Il ne s'agira pas de prises de participations pérennes " souligne-t-on à Matignon. " Une fois l'entreprise redressée, la participation doit être revendue, si possible avec une plus-value " a déclaré François Fillon. Bien sûr, en cas de prise de participation, l'État exigera une minorité de blocage " pour superviser le redressement de la banque " a prévenu le Premier ministre. Et " la direction doit pouvoir être renouvelée ".

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