Internet, facteur accélérateur de la crise

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Gérer son compte bancaire sur Internet, voilà une habitude bien installée. Les Français sont 39 % à recourir au Net pour éviter le guichet, chiffre qui ne cesse de croître selon une étude BVA. Jusque-là, les banques, ayant investi sur Internet, ne pouvaient que se féliciter de ces nouvelles habitudes leur permettant de substantielles économies. Aujourd'hui, elles peuvent le regretter.À un clic de souris ou à un coup de fil de leur épargne, les clients ont précipité la crise. Très facilement, sans contrainte de temps ni de frontières, chacun a pu effectuer des retraits ou transférer ses liquidités. En 1929, la crise bancaire était en partie due à des retraits d'argent simultanés et massifs. À l'époque, les petits épargnants faisaient la queue devant les établissements. Pour limiter la casse, ces derniers n'avaient pas hésité à baisser le rideau. Huit décennies plus tard, les banques sont confrontées au même danger, mais ne sont plus en mesure ni de l'évaluer ni de l'affronter. Fortis en a fait l'amère expérience. Depuis le début de l'année, la banque belge, qui a perdu 3 % de ses dépôts, soit l'équivalent de 5 milliards d'euros, met en cause les facilités de retrait offertes par Internet. Sur les 14 milliards de livres retirées de Northern Rock, banque britannique nationalisée en février par le gouvernement, 10 milliards l'avaient été soit par téléphone soit par Internet.COMMUNICATION ACCENTUEELa menace du Net pourrait avoir poussé la banque en ligne Icesave, filiale britannique de l'islandaise Landsbanki, à geler cette semaine, les comptes bancaires - et donc toute opération de retrait ou de dépôt - de ses clients. Pourtant, la législation britannique assure une garantie de 50.000 livres par client, ce qui est censé les rassurer. Selon la presse, Icesave compte 300.000 clients britanniques et un encours de 4 milliards de livres. Après avoir lancé une action en justice contre les autorités islandaises, l'État britannique tente maintenant de trouver une solution amiable. En tout cas, Internet pourrait être l'une des raisons pour lesquelles des gouvernements comme l'Irlande et le Danemark ont beaucoup communiqué ou accru les fonds de garantie offerts aux épargnants.

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