Les chefs d'entreprise entre déni et inquiétude face à la crise

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La crise, quelle crise ? Pour la plupart des grands capitaines d'industrie interrogés par La Tribune, elle n'a pas touché l'économie réelle. Pourtant, tous la redoutent - mais surtout chez les autres, les rivaux ou dans les autres secteurs... La main sur le coeur, ils assurent que, eux, n'ont aujourd'hui pas de problème de financement. À l'image de Thales et de Veolia (voir ci-contre), le PDG d'Alstom, Patrick Kron, assure que son groupe, qui dispose d'un carnet de commande à deux ans, n'a aucun problème. Avant de noter " avec ironie que ceux qui poussaient des cris d'orfraie quand le gouvernement a pris 20 % du capital d'Alstom en 2004, procèdent aujourd'hui de la même façon avec les banques. J'espère pour eux qu'ils généreront, comme Alstom, 50 % de plus-value en dix-huit mois ". Tout comme Alstom et Thales qui sont dans leurs starting-blocks en vue de réaliser des acquisitions, le PDG d'Aéroports de Paris (ADP) Pierre Graff estime qu'une crise peut générer des "opportunités", lesquelles "s'offrent aux acteurs de l'économie réelle, qui ont su bâtir un modèle robuste et bien géré. C'est le cas d'ADP ".INVESTISSEMENTS PLOMBESEn revanche, l'inquiétude est bien plus palpable dans les secteurs sensibles au moral des ménages. Comme la grande distribution, l'agroalimentaire et l'habillement. " Nous observons un changement dans l'attitude des consommateurs, qui restent par exemple beaucoup plus chez eux ", explique ainsi Eugenio Minvielle, le PDG de Nestlé France. Sous couvert d'anonymat, le patron d'une grande entreprise de cosmétiques est, lui, plus pessimiste. Son groupe commence à " élaborer différents scénarios, dont un scénario catastrophe ".La morosité de la grande consommation se reflète dans les prévisions de croissance de dépenses publicitaires de l'agence Zenith Optimedia, par exemple. Malgré les JO de Pékin et les élections américaines, elles sont ramenées de 4 % à 2 % pour 2008. La crise bancaire a plombé les investissements publicitaires en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord. Sébastien Danet, PDG de ZenithOptimedia, estime que les entreprises ont rogné de 5 % à 10 % en moyenne sur leur budget publicitaire prévisionnel 2008. Yves Del Srate, directeur général de la filiale médias du groupe Havas, MPG France, ne le croit pas : il table sur une stagnation des investissements nets au dernier trimestre 2008 et assure que, en majorité, ses clients n'ont pas réduit leur plan. Enfin, les entreprises de travaux publics (8.000 entreprises), étroitement liées aux collectivités locales, sont suspendues au-dessus du vide. " Nous sommes face à un cocktail un peu explosif, soupire le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Patrick Bernasconi. Si les collectivités locales ont du mal à investir, le secteur sera très fortement touché. "

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