Une nouvelle journée d'action le 19 mars

Difficile de temporiser davantage. Les huit organisations syndicales, à l'origine des manifestations du 29 janvier, devaient acter hier soir le principe d'une nouvelle journée d'action le 19 mars. Il y a une semaine, elles avaient repoussé leur décision dans l'attente de l'intervention présidentielle du 5 février. Pas question, cette fois, de se laisser piéger par le calendrier de Nicolas Sarkozy. En fixant au 18 février la rencontre avec les partenaires sociaux et en mettant sur la table des thèmes qui correspondent, en partie, à leur plate-forme de revendications, le chef de l'État espérait lézarder le front syndical. D'autant que, à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 17, pas moins de six ministres recevront les leaders des cinq centrales représentatives ? et non des huit ? pour préparer la rencontre avec le chef de l'État.Malgré ces appels du pied, les syndicats sont bien décidés à maintenir leur unité. D'abord parce que les déclarations de l'exécutif ne sont pas, à leurs yeux, suffisamment concrètes. « Nous sommes dans l'incertitude. Le résultat des chantiers ouverts par le chef de l'État dépendra de la pression que nous exercerons », souligne Marcel Grignard, le numéro 2 de la CFDT. Et sur certains dossiers, notamment la fin des suppressions de postes dans la fonction publique inscrite dans leur plate-forme, Nicolas Sarkozy leur a signifié une fin de non-recevoir. Surtout, les syndicats ont bien conscience que, s'ils veulent continuer à bénéficier du soutien de l'opinion publique et remobiliser ultérieurement, ils doivent envoyer un signal fort aux 1 à 2,5 millions de manifestants qui ont participé à la journée du 29 janvier. « Notre premier coup d'épaule a fait bouger le président de la République. Mais il en faudra un deuxième, voire un troisième », insiste Maryse Dumas, de la CGT.tenir dans la duréeRésultat, lors de la réunion d'hier soir, toutes les organisations devaient se rallier à l'annonce d'un nouveau rendez-vous. « Nous ne cherchons pas à dilapider le rapport de forces créé le 29. Mais il est important de tenir l'intersyndicale dans la durée », précise Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l'Unsa. Même souci de conciliation à la CFDT : « Cela ne sert à rien de nous mobiliser [avant le 18 février]. Autour du 15 mai, nous allons organiser dans plusieurs pays européens des manifestations. Entre ces deux dates, tout est ouvert », notait François Chérèque dans « Libération » hier.En contrepartie, les syndicats les plus partants pour de nouvelles mobilisations (Solidaires, FO, CGT) devaient accepter de repousser une manifestation nationale à l'après-18 février, plus probablement dans la seconde quinzaine de mars, après les vacances scolaires. Même si des actions locales pouvaient avoir lieu dès cette semaine pour se rappeler au bon souvenir du chef de l'État avant le 18 février.

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