Obama au chevet de l'Amérique des entreprises

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L'heure est à l'apaisement à Washington. Alors que Barack Obama travaille à la constitution de sa future administration, les milieux d'affaires se sont engagés à coopérer avec le prochain président. Celui-ci a certes promis de réformer en profondeur la société américaine et Wall Street. Mais il s'est aussi fixé pour objectif de replacer les Etats-Unis sur les rails de la croissance. Les personnalités évoquées pour succéder à Henry Paulson au Trésor ? qu'il s'agisse de Larry Summers, qui a déjà occupé ce poste sous l'ère Clinton, ou de Timothy Geithner, le président de la Réserve fédérale de New York ? ne sont guère susceptibles de succomber à la tentation « socialiste » dénoncée par John McCain pendant la campagne. « Il nous faut quelqu'un en qui Wall Street et les opérateurs de marché internationaux aient confiance. Les noms que j'entends circuler me semblent plutôt correspondre à ce critère », concède Tom Donohue, le président de l'US Chamber of Commerce, le principal lobby patronal américain. Le président élu milite pour l'adoption rapide d'un plan de relance que les économistes du secteur bancaire, dont ceux de Goldman Sachs, et les grands noms de la distribution tek Wal-Mart appellent de leurs v?ux pour stimuler la consommation et l'investissement. Cette enveloppe de plusieurs centaines de milliards de dollars, dont le montant exact reste à définir, pourrait être adoptée « soit avant, soit après l'investiture » du 20 janvier a précisé vendredi Obama. Le futur hôte de la Maison-Blanche veut aussi débloquer 50 milliards de dollars pour restaurer les infrastructures vétustes de son pays, notamment dans les transports, ainsi que 150 milliards de dollars sur dix ans pour développer les énergies alternatives. Des investissements productifs qui sont susceptibles de créer des emplois. Par ailleurs, contrairement à ce qu'a martelé McCain pendant la campagne, le programme d'Obama ne présente pas que des contraintes pour les PME, responsables de 80 % des créations d'emploi aux Etats-Unis. Certes, celles dont les bénéfices annuels sont supérieurs à 250.000 dollars verront leurs impôts remonter au niveau des années 1990. Seules 5 % d'entre elles seraient concernées, assurent les conseillers d'Obama. La plupart des PME devront désormais cofinancer une couverture santé pour leurs employés. Mais l'administration Obama veut leur accorder un crédit d'impôt correspondant à 50 % de ce coût afin de l'amortir partiellement. De plus, en ces temps de « credit crunch », le candidat a proposé d'élargir l'éligibilité des PME aux crédits fédéraux. Enfin, Obama veut accorder un crédit d'impôt de 3.000 dollars aux entreprises pour chaque emploi qu'elles créeront aux Etats-Unis au cours des deux prochaines années. Ce pragmatisme explique qu'après avoir soutenu la candidature de McCain, certains lobbies d'affaire, dont l'Association nationale des manufacturiers (NAM) et l'Institut de l'énergie nucléaire (NEI), se proposent désormais d'« aider » les démocrates à formaliser leurs projets économiques. C'est aussi le cas de l'US Chamber of Commerce, qui a pourtant dépensé 35 millions de dollars pour endiguer le raz-de-marée démocrate qu'elle pressentait au Capitole. aspirations des syndicatsA l'issue du scrutin, le président de la Chambre de commerce a toutefois prévenu qu'il était prêt à « employer tous les moyens légaux pour contrer les aspirations des syndicats et avocats spécialisés dans les actions en nom collectif (« class action ») ». Les craintes de Tom Donohue portent sur trois projets?: l'Employee Free Choice Act, loi qui faciliterait la représentation syndicale, l'instauration d'un marché de négociation de crédits d'émission de gaz carbonique (« cap and trade ») et la révision des traités de libre-échange promise par Obama. « Avant de rentrer dans ces débats, il est préférable de remettre l'économie en selle », avance Donohue, qui n'ignore pas que certains projets d'Obama pourraient de toute façon être compromis, sinon retardés, par le déficit budgétaire attendu à 1.000 milliards de dollars en 2009.

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